Le géant américain scelle son divorce définitif avec Moscou en cédant sa filiale AO Citibank à la banque d’investissement Renaissance Capital. Cette sortie de piste brutale engendre une perte nette après impôts de 1,1 milliard de dollars, grevant immédiatement les comptes du quatrième trimestre 2025.Citigroup tourne définitivement la page russe. La banque américaine a confirmé, dans un document officiel transmis à la SEC, le gendarme boursier américain, la cession de l’intégralité de ses activités locales à Renaissance Capital. Ce mouvement, attendu par les observateurs depuis le début du conflit en Ukraine, impose un sacrifice financier de taille : le groupe anticipe une perte avant impôts de 1,2 milliard de dollars sur le trimestre en cours, ce qui se traduit par un impact net de 1,1 milliard de dollars après fiscalité.
L’entité AO Citibank, qui chapeautait les dernières opérations du groupe sur le territoire, change de pavillon après des mois d’incertitudes géopolitiques. Pour acter cette transition, Citigroup a fait le choix de reclasser ses actifs russes sous le régime comptable spécifique des actifs « détenus en vue d’une vente » dès ce quatrième trimestre 2025. Si l’accord est désormais public, le transfert effectif de propriété ne devrait être bouclé qu’au cours de la première partie de l'année 2026. Ce calendrier reste néanmoins tributaire du feu vert des autorités de régulation, une étape particulièrement cruciale dans le contexte actuel de contrôle strict des capitaux imposé par le Kremlin sur les sorties d’actifs étrangers.
Une sortie au scalpel dans un climat de tension
Pour Citigroup, cette vente représente la fin d’un long processus de désengagement. Contrairement à certains de ses concurrents qui avaient opté pour un départ précipité au printemps 2022, la banque dirigée par Jane Fraser a privilégié une réduction graduelle de son exposition. Cette méthode, bien que plus longue, visait initialement à protéger la valeur des actifs, mais la réalité de la déconnexion entre les systèmes financiers russes et occidentaux a fini par imposer une décote massive.