La Fed n'exclut plus une hausse rapide des taux si l'inflation repart

Christopher Waller, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale.
BM - REUTERS - Brendan McDermid

Christopher Waller, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale.
BM - REUTERS - Brendan McDermid
Le scénario d’un nouveau tour de vis monétaire aux États-Unis reprend de l’épaisseur. L’un des principaux responsables de la Réserve fédérale (Fed), Christopher Waller, a averti lundi que l’institution pourrait être contrainte de relever ses taux d’intérêt « à court terme » si les prochains indicateurs d’inflation confirmaient un nouvel emballement des prix.
« La banque centrale « doit se tenir prête à resserrer sa politique monétaire pour éviter une répétition de l’épisode d’inflation de 2021-22 », a déclaré le gouverneur de la Fed lors d’un discours prononcé à New York, à l’occasion d’un événement organisé par l’association d’économistes NYABE.
Cette prise de position retient d’autant plus l’attention que Christopher Waller est généralement considéré comme l’un des membres les plus « colombes » de la banque centrale américaine, davantage enclin à soutenir la croissance qu’à privilégier la lutte contre l’inflation. Mais la remontée des prix alimentée par la guerre au Moyen-Orient l’a progressivement rapproché du camp des « faucons », favorable à une politique monétaire plus restrictive. « À moins de constater un affaiblissement significatif du marché du travail, je me concentrerai sur l’inflation », a-t-il résumé.
L’avertissement intervient à la veille de la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) de juin, très attendu par les marchés. Les économistes anticipent un léger ralentissement de l’inflation globale, porté par le recul des prix des carburants.
Mais Christopher Waller juge plus préoccupante l’évolution de l’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes les plus volatiles que sont l’alimentation et l’énergie. Selon lui, c’est cet indicateur qui déterminera la prochaine décision de politique monétaire. « Si les chiffres de l’inflation sous-jacente s’avèrent à nouveau élevés cette semaine », le comité fixant les taux directeurs « devra alors envisager de resserrer sa politique monétaire à court terme », a-t-il prévenu. L’indice PCE, la mesure de l’inflation privilégiée par la Fed, progressait encore de 4,1 % en mai, son niveau le plus élevé depuis trois ans, soit plus du double de l’objectif de 2 % fixé par l’institution.
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Les déclarations de Christopher Waller ont immédiatement modifié les anticipations des investisseurs. Les marchés sont désormais plus nombreux à envisager une hausse des taux dès la prochaine réunion de politique monétaire, prévue à la fin du mois, selon l’outil CME FedWatch. Le scénario d’un statu quo reste toutefois légèrement majoritaire, signe que les investisseurs attendent encore les prochains chiffres de l’inflation avant de trancher sur la trajectoire que suivra la banque centrale américaine.