La députée LFI Aurélie Trouvé publie son rapport issu de la commission sur l'impact des fonds spéculatifs sur les capacités productives françaises. En creux, elle pose une question centrale : le LBO, est-ce le mal ?Un rapport radical. Ce lundi matin, la commission d’enquête sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs a publié un rapport très attendu par les financiers, investisseurs et chefs d’entreprise entendus au cours de ses travaux.
La rapporteure, la députée La France insoumise Aurélie Trouvé, y livre une charge sévère contre la « finance de l’ombre » : ces sociétés d’investissement qui financent l’économie sans être soumises aux mêmes règles que les banques. Selon elle, elles alimentent des faillites en cascade, favorisent le rachat de fleurons français par des acteurs étrangers, fragilisent la souveraineté économique et détruisent emplois et capital industriel.
Le rapport cible aussi les « fonds vautours », accusés d’aspirer la trésorerie d’entreprises déjà fragiles avant d’en laisser les conséquences au public.
Une doctrine de contrôle
Les remèdes proposés suivent la ligne politique de la députée : davantage d'impôts, plus de contrôle et un rôle accru de l’État. Le cœur du débat porte sur le rachat par effet de levier, ou LBO, devenu la méthode dominante de près de 450 fonds d’investissement basés en France.
Le principe est simple : le fonds rachète une entreprise en s’endettant fortement, puis fait porter cette dette à l’entreprise elle-même. Autrement dit, c’est la société acquise qui rembourse le financement de son propre rachat. Sous cette pression, elle doit réduire ses coûts et restreindre ses investissements pour dégager assez de trésorerie.