OPA de Commerzbank : le gouvernement allemand envoie balader Unicredit
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Le chancelier allemand Friedrich Mertz.
LTD/REUTERS/Annegret Hilse
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Le chancelier allemand Friedrich Mertz.
LTD/REUTERS/Annegret Hilse
Une chose est sûre, le rachat de Commerzbank par UniCredit n'est pas un long fleuve tranquille. Alors que la banque italienne tente de mettre la main sur son homologue allemande depuis des mois, ce mardi, l'État allemand a rejeté son offre.
Pour rappel, la deuxième banque italienne a lancé début mai cette offre publique d'achat (OPA) pour prendre le contrôle de sa rivale allemande, valorisée 35 milliards d'euros, et asseoir son statut de géant européen. L'offre se termine officiellement ce mardi à 23H59, sauf prolongation. Si l'offre réussit et qu'elle est validée par la Banque centrale européenne, elle devrait surtout permettre à UniCredit de monter ensuite graduellement dans le capital de Commerzbank et de la fusionner avec sa filiale allemande HypoVereinsbank, acquise en 2005.
Sauf que Berlin dénonce notamment une approche jugée « agressive » d'UniCredit et veut privilégier l'indépendance de la banque allemande. L'offre ne présente « pas de prime suffisante » par rapport au cours actuel du titre Commerzbank, selon un communiqué de l'agence fédérale des Finances (Finanzagentur). L'offre est, en effet, inférieure à la valorisation en Bourse de la cible et reste peu ambitieuse pour le moment.
Une telle offensive est politiquement sensible en Allemagne où l'État fédéral allemand reste le deuxième plus important actionnaire de la banque francfortoise, avec 12 % de son capital. Déjà début mai, le chancelier Friedrich Merz estimait que cette offre non sollicitée détruisait « la confiance » dans la deuxième banque privée du pays.
Et au-delà même des considérations financières, Berlin met en avant les enjeux stratégiques. Commerzbank « joue un rôle clé dans le financement de l’économie allemande et du Mittelstand », le tissu de PME exportatrices, et constitue « un employeur majeur et un pilier essentiel de la place financière de Francfort », que le gouvernement entend préserver, d'après le communiqué.
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Et pour cause, UniCredit propose notamment de faire des coupes dans le réseau international de Commerzbank, jugé trop complexe et inefficace, et de recentrer la banque sur ses activités en Allemagne. En réponse, la présidente du directoire de Commerzbank, Bettina Orlopp, a contre-attaqué avec un plan stratégique visant à renforcer la rentabilité d'ici 2030 et à démontrer à ses actionnaires que la création de valeur serait supérieure en restant indépendant.
Si le succès de l'OPA est encore très incertain, UniCredit s'est déjà félicitée lundi d'avoir dépassé le seuil de 30 % qu'elle s'était fixé pour cette OPA, en l'ayant lancée alors qu'elle détenait déjà près de 27 % des titres de la cible.
Au-delà du désaccord sur la stratégie et le prix offert, les deux établissements s'opposent sur la manière dont UniCredit a réussi à rallier une partie des actionnaires pendant la période d’offre.
Selon Commerzbank, l'offre d'UniCredit a été largement soutenue par des acteurs de son propre écosystème et via des opérations impliquant des produits financiers dérivés, plutôt que par des investisseurs indépendants. La banque a saisi la semaine dernière le superviseur allemand BaFin pour qu'il clarifie la situation, imité depuis par UniCredit qui rejette les accusations d'avoir diffusé des informations trompeuses.
(Avec AFP)
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