Les innovateurs de la finance britannique espèrent un budget automnal plus favorable aux affaires et une régulation à venir sur les stablecoins.Londres est la capitale européenne des fintech. Et en dépit de la conjoncture difficile, la capitale britannique entend lutter bec et ongles pour conserver sa place, voire rivaliser avec le grand frère américain. Telle était l’énergie qui se dégageait à Londres lors de deux événements récemment consacrés à l’industrie.
Le premier était organisé par Innovate Finance, principal lobby britannique des fintech, dans les locaux du campus londonien de la Chicago Booth School of Business, sous les auspices de Milton Friedman et des « Chicago Boys » dont les portraits figurent en majesté sur les murs du bâtiment flambant neuf, où une grande baie vitrée offre une vue imprenable sur la cathédrale Saint-Paul.
L’appel à une politique business friendly
« Les fintech ont connu une hausse significative des embauches au Royaume-Uni en 2024, avec 44 % d’offres supplémentaires par rapport à l’année précédente. Nous avons l’un des meilleurs écosystèmes au monde » s’est félicitée Jeanine Hirt, la directrice générale d’Innovate Finance, lors de son discours d’introduction. Avant de nuancer aussitôt son enthousiasme. «Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers, car les autres pays avancent à vive allure. Nous devons nous assurer que le Royaume-Uni demeure hospitalier pour les entrepreneurs. Notre système fiscal doit impérativement évoluer dans cette optique. »
Une allusion au futur budget britannique, qui doit être révélé fin novembre par la majorité travailliste ? Le budget de l’an dernier avait fortement déplu aux milieux d’affaires, notamment du fait d’une hausse des charges sociales et de la diminution d’une niche fiscale pour les start-ups. Plusieurs lobbies mettent actuellement la pression sur la chancelière de l’Échiquier, Rachel Reeves, pour qu’elle corrige les choses cette année, pointant une conjoncture économique détériorée et un environnement défavorable à l’entrepreneuriat.