IA : l’incroyable bénéfice multiplié par 19 de Samsung fait pourtant chuter son action

Le logo de Samsung Electronics est visible sur la boutique de l'entreprise à Séoul, en Corée du Sud, le 15 avril 2025.
/FW1FP/Sonali Paul - REUTERS - Kim Hong-Ji

Le logo de Samsung Electronics est visible sur la boutique de l'entreprise à Séoul, en Corée du Sud, le 15 avril 2025.
/FW1FP/Sonali Paul - REUTERS - Kim Hong-Ji
Même la perfection ne contente plus les investisseurs. Cette nuit, le géant coréen des puces mémoires a annoncé s'attendre à une multiplication par 19 de son bénéfice d'exploitation au deuxième trimestre. Entre avril et juin, le groupe a généré 89 400 milliards de wons (51 milliards d'euros) de résultat opérationnel grâce à l'envolée du prix des puces mémoires liée à la très forte demande des sociétés d'intelligence artificielle. Samsung et son concurrent - aussi coréen - SK Hynix « contrôlent l’essentiel du marché mondial de la DRAM (les mémoires vives) et la totalité du marché des mémoires HBM, ces puces à large bande passante indispensables aux serveurs IA », rappelle Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro.
Et si les chiffres définitifs qui seront publiés à la fin du mois sont confirmés, cette estimation dépasse de 6,2 % les prévisions du marché et marque un nouveau record trimestriel, selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, qui cite sa propre société d'analyse de données.
Tous les voyants sont donc au vert pour que le titre soit récompensé en Bourse. Pourtant, l'action du géant sud-coréen a chuté de plus de 10 % en séance à la Bourse de Séoul avant de terminer à -7 % cette nuit.
Après une hausse de 379 % de son cours sur un an, les investisseurs attendent encore plus de Samsung.
Et cette question commence sérieusement à inquiéter. Car, à l’avenir, les analystes estiment que le principal risque pesant sur l’essor du marché de la mémoire serait un ralentissement des investissements dans les infrastructures d’IA. Et pour cause, les grandes entreprises technologiques devront recourir à des emprunts massifs pour financer des infrastructures d’IA dont les rendements sont incertains. S'ils connaissent la moindre difficulté de financement, c'est la demande de puces mémoire qui pourrait être fortement ralentie. Or, plus de 95 % de ses profits trimestriels de Samsung proviendraient de cette activité.
Pour autant, « il serait prématuré de parler de retournement », rappelle Antoine Fraysse-Soulier d'eToro. La construction de nouvelles capacités prend des années, l’offre reste contrainte, et les besoins en calcul continuent toujours de croître.
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(Avec AFP)