À cause du changement climatique, les poissons des eaux françaises sont gravement menacés, selon une étude de l'Ifremer. Derrière, des pertes économiques importantes pour un secteur clé de l'économie française.D’ici la fin du siècle, le dérèglement climatique pourrait décimer un quart des poissons dans les eaux françaises. Ce qui deviendrait un gros problème pour l’économie bleue, qui regroupe toutes les activités du secteur maritime. L’alerte est donnée par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), dans un rapport publié ce mardi.
Dans le détail, les scientifiques de l’institut expliquent que le changement climatique pourrait provoquer des pertes moyennes de biomasse estimées jusqu’à -23 %, d'ici à 2100. Et ce, dans le cas d’un scénario de réchauffement à +4 °C. D’ici le milieu du siècle, étape intermédiaire, la baisse est estimée entre 5 et 8 %.
Ces chiffres suivent la tendance mondiale. À cette échelle, l’Ifremer rappelle que la baisse de biomasse de poissons est comprise entre 10 % et 30 %, selon les scénarios climatiques.
Destruction du plancton, base de la chaîne alimentaire
Comment cette mécanique de disparition prend-elle forme ? Les émissions massives de gaz à effet de serre, principal facteur du réchauffement climatique, acidifient anormalement les eaux des océans. Ajouté à cela, un phénomène de « désoxygénation » des eaux est aussi constaté par les chercheurs.
Conséquence directe : les écosystèmes marins s’en retrouvent très perturbés, avec notamment une « baisse de la productivité » des planctons, ces micro-organismes à la base de la chaîne alimentaire marine. Mais aussi une « altération de la physiologie des organismes », le « décalage des cycles de reproduction » et la « redistribution des espèces », vers les eaux plus froides au nord du globe.