L'abattoir de Chalais traite en particulier les bovins, porcins, ovins et équins. (Image d'illustration)
Paulo Whitaker / Reuters
L'un des deux seuls abattoirs de Charente est submergé par les difficultés financières et se trouve menacé de fermeture, comme d'autres structures coopératives avant lui.
Ce n'est qu'un nouvel abattoir sur la longue liste des coopératives d'éleveurs en difficulté. Mais c'est tout de même - et comme à chaque fois - un coup dur pour tout un territoire. La Tribune a appris que l'abattoir de Chalais, tout au sud de la Charente, a été placé en redressement judiciaire le 6 novembre suite à de lourdes difficultés financières.
La société qui emploie une quinzaine de personnes est en effet en cessation de paiements depuis le 10 mars dernier. Malgré l'arrivée d'un nouveau binôme à la direction l'an dernier, la situation ne s'est pas améliorée. Elle entre en période d'observation pour six mois avec l'appui d'une mandataire judiciaire, Me Catherine Laporte.
La structure espérait réorganiser son outil de production en transférant son activité sur un nouveau site à construire du côté de Barbezieux, plus au nord. Mais début juillet, l’État a annoncé qu'il ne se porterait plus garant dans le cadre des prêts finançant la restructuration des abattoirs locaux. Un frein pour Chalais qui a mis en suspens son projet, faute de financements. Le site a pourtant grandement besoin d'être modernisé puisque la préfecture avait prononcé en 2024 une fermeture administrative durant cinq semaines pour des manquements aux normes.
Quatre fois moins d'abattoirs en 50 ans
« On a été à l’équilibre mais cette fermeture nous a obligés à effectuer plusieurs centaines de milliers d’euros de travaux de mise en conformité. Ces investissements de court terme ont été catastrophiques pour les finances », explique Carole Ballu, éleveuse, administratrice de l'abattoir et porte-parole de la Confédération paysanne.
La direction de l'abattoir, elle, n'a pas donné suite à notre sollicitation.
La coopérative qui regroupe une soixantaine d'éleveuses et éleveurs coopérateurs traite les bœufs, porcs, moutons et chevaux. Certifié pour transformer la viande bio, il s'agit d'un des deux derniers abattoirs du département, avec Confolens, et qui permet à des éleveurs des territoires limitrophes d'avoir accès à un outil de transformation local. Loin d'être un cas isolé, ses difficultés font écho au déclin des abattoirs locaux depuis une trentaine d'années.
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