Déjà pressés par des attentes de plus en plus fortes des consommateurs et le changement climatique qui bouleverse leurs pratiques, les éleveurs sont également touchés par une surcharge administrative, des inquiétudes sur les traités de libre-échange, un manque de revenus ou encore des difficultés dans la transmission des exploitations... Cela, dans une filière qui représente 39 % de la surface agricole utilisée en France, mais aussi 59 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) directes du secteur, souligne le think tank The Shift Project dans son rapport « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère » publié en novembre.
Malgré ce contexte compliqué, élus, agriculteurs et représentants professionnels du Massif Central portent, depuis l'an dernier, le projet « Durab'el » afin d'élaborer une réflexion stratégique et une ambition pour le secteur d'ici à 2040 : s'ancrer dans un modèle d'élevage durable, avec des exploitations viables, attractives, vertueuses au niveau écologique et intégrées dans leur territoire.
Le Massif central est convaincu que ses exploitations à taille humaine, familiales, avec moins de 100 hectares pour deux actifs, répondent déjà à une partie de la problématique. Tout comme la pratique du pâturage. Car la plus grande prairie d'Europe, qui s'étend sur 85.000 km2 répartis sur 22 départements, est couverte à 80% d'herbe.
« Nos systèmes herbagers et notre pastoralisme sont vertueux. Les prairies sont des puits de carbone très intéressants et il y a plein d'autres bénéfices : conservation des paysages, biodiversité... Cela permet aussi d'éviter l'embroussaillement et limite les risques d'incendie », explique Laurent Bouscarat, directeur d'Auvergne Estives, le service pastoral auvergnat.