Alors que les foyers de contaminations se multiplient, la Confédération paysanne et la Coordination rurale s’opposent à la stratégie d’abattage systématique instaurée par le gouvernement.
C’est le nouveau fléau de l’agriculture française : la dermatose nodulaire (DNC). Un nom qui dit peu de choses au grand public mais qui donne des sueurs froides aux éleveurs bovins. Cette maladie mortelle pour les vaches et les bœufs infectés se caractérise par l’émergence de nodules sur la peau des bovins.
Et l’épidémie qui touche la France depuis le 29 juin semble se propager. Au total 110 foyers de DNC bovine ont été détectés dans sept départements français. Dont deux nouveaux foyers recensés en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées rien que ces quatre derniers jours. Cette maladie « pourrait tuer 10 % des bovins en France, si le strict protocole sanitaire n'était pas respecté », a averti Annie Genevard, la ministre de l'Agriculture, il y a quelques jours.
Pour lutter contre cette nouvelle calamité, deux stratégies existent : la vaccination des 16 millions de bovins français et l’abattage systématique des troupeaux contaminés. Sauf que la FNSEA, le principal syndicat des agriculteurs, s’oppose à la première solution.
La FNSEA et le gouvernement contre la vaccination générale
Premier motif d'opposition à la vaccination : la DNC a une durée d'incubation de trois semaines. Autrement dit, si un animal est vacciné durant cette période, il peut tout de même être infecté. Mais surtout, « si la vaccination se généralise, le risque est de voir les prix s'effondrer, avec des marchés à l'export qui se ferment », expliquait il y a quelques jours aux Échos Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale bovine, une branche de la FNSEA.
Car si la France vaccine, elle perdrait dès lors son statut de pays n’étant pas foyer à la dermatose. Une modification qui pourrait bloquer tous les transferts d’animaux vers des pays voisins durant 14 mois minimum. Or de nombreux éleveurs français basent une partie de leurs revenus sur l’envoi de leurs veaux dans des parcs d’engraissement en Italie ou en Espagne. Avec 1,3 million d’animaux en 2024, la France est d’ailleurs le premier pays exportateur de bêtes vivantes au monde.
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