Canicule : les hôpitaux parisiens sous pression, le plan blanc déclenché en Île-de-France
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Les quatre Samu de la région ont vu leur volume d'appels bondir de 80 % en une semaine.
Météo France
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Les quatre Samu de la région ont vu leur volume d'appels bondir de 80 % en une semaine.
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La vague de chaleur qui frappe la France depuis plusieurs jours fait peser une pression sans précédent sur le système hospitalier francilien. Les quatre Samu couvrant Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne ont enregistré une hausse de 80 % du volume d'appels sur la semaine écoulée, selon le dernier bilan de l'AP-HP. Dans un précédent point de situation, l'activité de ces mêmes Samu avait déjà affiché une progression de plus de 50 % par rapport à la même période en 2025.
Du côté des urgences, la situation est jugée critique. Vendredi, entre 18h00 le jeudi et 18h00 le vendredi, la fréquentation a bondi de 36 % par rapport à une journée normale, et de 8 % par rapport à la veille. L'ARS Île-de-France cite également une hausse de 47 % des passages aux urgences pour les patients de plus de 75 ans. Le taux d'hospitalisation après passage aux urgences reste stable autour de 20 % pour l'ensemble des patients, mais dépasse 50 % chez les plus de 75 ans.
À l'hôpital européen Georges-Pompidou, le chef des urgences Philippe Juvin décrit une situation « extrêmement grave ». Les couloirs sont « pleins » de patients âgés mais aussi de quinquagénaires souffrant d'hyperthermies sévères, et des sans-domicile fixe arrivent avec 42 degrés de température. Les capacités d'hospitalisation y sont « saturées, voire dépassées », avec 53 patients pour 20 lits habituellement disponibles.
Face à ces « multiples tensions », le plan blanc a été déclenché vendredi dans tous les établissements de santé d'Île-de-France. Ce dispositif d'urgence hospitalière permet aux établissements de santé de mobiliser des moyens supplémentaires et de déprogrammer des actes non urgents pour faire face à un afflux exceptionnel de patients. Déclenché par l'ARS, il autorise notamment le rappel du personnel en repos et la réquisition de lits supplémentaires.
Le directeur général de l'ARS, Denis Robin, a toutefois nuancé la notion de saturation totale, estimant que « dans le week-end, on arriverait à une rupture » sans ce dispositif. Le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel, a pour sa part jugé ses hôpitaux « saturés » tout en estimant que le pic d'hospitalisation avait « vraisemblablement été atteint », soulignant néanmoins que la situation resterait sur « un plateau extrêmement haut encore quelques jours ».
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

La veille, le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist avait communiqué des premières données alarmantes sur la mortalité à Paris, avec 25 arrêts cardiaques recensés en 24 heures, contre une dizaine en temps normal. Plus de 2 700 passages avaient été enregistrés dans les hôpitaux de l'AP-HP en une journée.
La canicule de 2023 avait causé près de 15 000 morts en France et mis en évidence l'inadaptation des établissements hospitaliers, notamment l'absence de climatisation et la difficulté à gérer un afflux massif de patients. Nicolas Revel s'est voulu rassurant sur ce point, estimant que le bilan hospitalier actuel « n'aura rien à voir » avec celui de 2003. depuis, les protocoles de prise en charge des hyperthermies ont été considérablement renforcés. Le principal risque de mortalité concerne les personnes fragilisées et isolées décédant à domicile.
La crise est aggravée par un pic de pollution à l'ozone. Pour renforcer les capacités de réponse, le Journal officiel a publié samedi l'arrêté mobilisant la réserve sanitaire (médecins, soignants, techniciens de laboratoire) pour une durée d'un mois renouvelable, à compter de ce jour.
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