Lors d'une canicule, notre organisme met tout en œuvre pour maintenir sa température à 37 °C. Mais au fil des jours, les mécanismes de défense s'épuisent, augmentant les risques de déshydratation, de coup de chaleur et de complications, notamment chez les personnes les plus fragiles.On le sent dans les gestes les plus simples. Monter un escalier devient une épreuve. La nuit, le sommeil se fragmente. Le matin, on se réveille déjà épuisé. « C’était une semaine en enfer », résume Camille, 40 ans. Notre organisme a une obsession : maintenir sa température interne à 37 °C, quoi qu’il arrive. Pour cela, il dispose d’un outil redoutable : la transpiration. Les gouttes de sueur s’évaporent sur la peau, emportant avec elles de la chaleur. Avec la canicule, ce système perd en efficacité.
« C’est comme votre voiture, elle ne produit pas plus de chaleur l’été que l’hiver, mais l’été, la chaleur qu’elle produit, elle ne peut pas la diffuser dans l’air parce que l’air est lui-même déjà chaud. C’est comme ça qu’elle peut surchauffer dans les bouchons estivaux », décrit Sébastien Racinais, ingénieur de recherche en physiologie environnementale au Creps de Montpellier.
Il travaille sur les effets de la chaleur depuis vingt-cinq ans. « Pour le corps humain, c’est pareil, dès qu’on produit de la chaleur parce qu’on fait une activité physique, on ne peut pas dissiper cette chaleur dans l’environnement parce que ce dernier ne peut l’accepter », résume celui qui est aussi référent environnement pour le Comité international olympique.
L’autre mécanisme de secours est cardio-vasculaire : le cœur accélère, les vaisseaux de la peau se dilatent, le sang est envoyé en surface pour évacuer la chaleur. « C’est une contrainte qui se fait quasiment sur tous les organes », résume le professeur Jean-François Toussaint, physiologiste à l’université Paris Cité. Il précise : « La température à laquelle la mortalité est minimale chez l’être humain, dans nos latitudes de l’hémisphère Nord, est autour de 23 °C. »