En Bourgogne, la récolte de la moutarde a démarré plus tôt à cause des vagues de chaleur
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La récolte précoce de la moutarde près de Dijon.
Amandine IBLED
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La récolte précoce de la moutarde près de Dijon.
Amandine IBLED
Autour de Dijon, les premières parcelles de moutarde sont déjà récoltées, une précocité devenue le symbole d'un climat qui bouleverse les calendriers agricoles. « Le cycle a été tellement accéléré que la plante ne nourrit plus son grain à 40 °C », constate Damien Jolibois, agriculteur à Longecourt-en-Plaine, qui exploite 350 hectares, dont un quart est désormais consacré à la moutarde.
La vague de chaleur a écourté le remplissage des graines, avec des pertes estimées entre 10 et 15 %. Pourtant, le bilan reste meilleur que redouté. Après plusieurs années marquées par les ravageurs et des rendements décevants, les producteurs bénéficient aujourd'hui des progrès réalisés sur les variétés, des ajustements de dates de semis et d'une meilleure protection contre les altises. « Sans ce coup de chaud, nous aurions réalisé une très belle récolte », estime même l'agriculteur.
Du côté de l'Association des producteurs de graines de moutarde de Bourgogne (APGMB), le rendement moyen est désormais attendu autour de 1,4 tonne par hectare, contre près de 1,6 tonne l'an dernier. « Au printemps, nous pensions manquer de capacités de stockage tant les cultures étaient prometteuses. Les fortes chaleurs nous ont fait perdre plusieurs quintaux », résume son président, Damien Beaumont.
La filière moutarde française revient de loin. Après avoir quasiment disparu à la fin du XXe siècle, elle a été relancée dans les années 1990, puis fortement développée à partir de 2007. Aujourd'hui, près de 90 % de la production est concentrée dans la Bourgogne historique, avec environ 11 000 tonnes contractualisées chaque année.
Ce redressement intervient dans un marché mondial largement dominé par le Canada, premier producteur de graines de moutarde. Les industriels français continuent d'y acheter une partie de leurs approvisionnements, les graines canadiennes restant près de deux fois moins chères grâce à des exploitations de très grande taille, des coûts logistiques différents et des soutiens publics importants.
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