255 millions d’euros d'amende pour Ryanair : « absurde, infondé » fulmine Michael O'Leary
latribune.fr

"Ryanair se bat depuis des années pour la transparence des prix", estime son PDG Michael O'Leary.
LL/ - REUTERS - Lisa Leutner - Lisa Leutner
latribune.fr

"Ryanair se bat depuis des années pour la transparence des prix", estime son PDG Michael O'Leary.
LL/ - REUTERS - Lisa Leutner - Lisa Leutner
La botte donne des coups de pied. Après l'amende de 98,6 millions d'euros infligée le 22 décembre à Apple, l’Autorité italienne de la concurrence (AGCM) frappe fort contre Ryanair. Le régulateur a annoncé mardi une amende de plus de 255 millions d’euros infligée à la première compagnie aérienne low cost d’Europe pour abus de position dominante dans ses relations avec les agences de voyages. Une décision lourde, tant par son montant que par les implications économiques pour le modèle de distribution du transporteur irlandais.
Selon l’AGCM, Ryanair a mis en place entre avril 2023 et au moins avril 2025 une stratégie visant à entraver l’accès des agences de voyages, en particulier des agences en ligne (OTA), à ses vols. La compagnie aurait « bloqué, entravé ou rendu plus difficile, voire plus onéreux (économiquement ou techniquement), l'achat de vols Ryanair sur le site ryanair.com par les agences de voyages », notamment lorsqu’il s’agissait de les combiner « avec des vols d'autres compagnies ou d'autres services de voyage et d'assurance ».
Dans le détail, le gendarme italien de la concurrence reproche à Ryanair d’avoir progressivement durci ses conditions d’accès. L’entreprise aurait d’abord introduit des procédures de reconnaissance faciale, puis bloqué les paiements des agences de voyages en ligne, avant d’imposer des accords de partenariat limitant la capacité des intermédiaires à proposer les vols Ryanair dans des forfaits incluant d’autres compagnies ou services. « Ces pratiques ont compromis la capacité des agences à acheter des vols Ryanair et à les combiner avec des vols d’autres compagnies et/ou des services de voyage supplémentaires, réduisant ainsi la concurrence directe et indirecte entre les agences », estime l’AGCM.
L’autorité souligne que la position dominante du transporteur ne repose pas uniquement sur son poids commercial. « Sa position dominante découle non seulement de sa part de marché importante, qui continue de croître, mais aussi de nombreux autres indicateurs... (qui) contribuent à donner à Ryanair un pouvoir de marché important et la capacité d'agir indépendamment des concurrents et des consommateurs », indique-t-elle dans son communiqué.
Sans surprise, Ryanair conteste vigoureusement cette analyse. Dans un communiqué publié sur son site internet, la compagnie a qualifié la décision de « bizarre et infondée », puis de « décision absurde et infondée », annonçant son intention de faire immédiatement appel. Le groupe défend son modèle de distribution directe, qu’il présente comme plus transparent et plus favorable aux clients finaux. « Ryanair se bat depuis des années pour la transparence des prix, et nos accords approuvés avec les agences de voyages en ligne (...) sont manifestement et clairement favorables aux consommateurs », a affirmé son PDG Michael O'Leary.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Au-delà du bras de fer juridique, cette sanction relance le débat sur l’équilibre entre plateformes dominantes et intermédiaires dans le secteur du tourisme. Les autorités de concurrence européennes scrutent de plus en plus attentivement les stratégies de distribution des grands acteurs, alors que les compagnies cherchent à réduire leur dépendance aux agences et à maîtriser la relation client.
Ryanair n’en est pas à son premier différend avec le régulateur italien. En 2019, la compagnie s’était déjà vu infliger une amende de trois millions d’euros pour sa politique de bagage cabine payant, une sanction finalement annulée par un tribunal administratif.
(avec agences)
latribune.fr