Latour Capital sélectionné pour gérer le fonds de défense d'Emergence

Les fonds d'investissements s'intéressent de plus en plus au secteur de la défense, et notamment à la Base industrielle et technologique de défense
Rémi Benoit

Les fonds d'investissements s'intéressent de plus en plus au secteur de la défense, et notamment à la Base industrielle et technologique de défense
Rémi Benoit
Selon des sources concordantes, le Fonds d’accélération de Place Emergence (SICAV), créé en 2012 à l’initiative de Paris Europlace, a sélectionné Latour Capital, sous l’œil vigilant de la Direction générale de l'armement (DGA) et à l'issue d'un appel d'offres, pour gérer un fonds de 400 millions d'euros consacré à la Base industrielle et technologique de défense (BITD). L'objectif d'Emergence était de trouver un profil d'investisseur minoritaire qui se pose en vrai partenaire avec la volonté d'accompagner la croissance des entreprises choisies avec des experts du secteur de la défense. En juin dernier, la DGA avait lancé le « Club des investisseurs de la défense » pour familiariser les financeurs actuels et potentiels de ce secteur aux spécificités de la BITD.
Créée en 2011, Latour Capital qui est dirigée par deux de ses fondateurs, Cédric Bannel et Philippe Léoni, gère environ aujourd'hui 4 milliards d'euros d'actifs, selon le site du fonds d'investissement. Agréée par l’AMF, Latour capital, qui était un des outsiders de cet appel d'offres, a gagné cette compétition face à des fonds réputés pour leur engagement historique dans la BITD comme Weinberg Capital Partners (via le fonds Eiréné) et Tikehau. Cette société de gestion compte neuf associés qui mettent leur esprit entrepreneurial et leur expertise opérationnelle au service du développement et de la croissance de sociétés, à travers des investissements en fonds propres.
Dans un communiqué daté du 18 septembre, la DGA a salué la création de nouvelles initiatives visant à soutenir et faciliter le financement des entreprises de la BITD depuis le sommet organisé à Bercy en mars dernier par les ministères des Armées et de l’Économie. La DGA s’appuie sur des référents défense nommés au sein des principaux réseaux bancaires adhérents à la Fédération bancaire française, ainsi que sur une référente bancaire au sein du ministère des Armées. Leur mission est d'identifier et résoudre toute difficulté d’accès au crédit rencontrée par une entreprise de défense.
Depuis cet événement, qui visait à renforcer le soutien financier des acteurs publics et mobiliser les investisseurs privés (jusqu'ici très frileux avec le secteur de la défense) pour accompagner la montée en cadence des entreprises de défense, préservant ainsi l'autonomie stratégique et la souveraineté de la France. Parmi ces nouvelles initiatives, le groupe bancaire coopératif et mutualiste Crédit Mutuel Arkéa a mis en place une filière « Défense et Souveraineté » et a signe un partenariat de 500 millions d'euros entre sa filiale Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels (ABEI) et Bpifrance. Ce partenariat vise à financer le cycle d’exploitation des PME de défense. Par ailleurs, il a créé un nouveau fonds de dette privée « France Souveraineté PME » et a lancé une nouvelle stratégie d’investissement « Souveraineté ».
De son côté, le groupe mutualiste CARAC, en partenariat avec Tikehau Capital, a commencé à commercialiser un fonds CARAC Tikehau Défense et Sécurité. Ce fonds soutient notamment des entreprises européennes clés dans les secteurs aéronautiques civil et militaire. Pour sa part, le groupe Sienna Investment Managers a sécurisé plus de 270 millions d'euros d’engagements auprès d’investisseurs institutionnels pour son fonds de dette privée Sienna Héphaïstos, dédié aux PME et ETI de l‘industrie de défense européenne. Sienna IM a également lancé un fonds fermé accessible aux particuliers avec un objectif de levée compris entre 500 millions et 1 milliard d'euros d'ici fin 2026.
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Enfin, Bpifrance a lancé la semaine dernière le fonds « Bpifrance Défense », permettant aux particuliers d'investir dans des entreprises principalement non cotées du secteur de la défense et de la souveraineté technologique. D'une taille cible de 450 millions d'euros et accessible aux particuliers à partir de 500 euros, ce fonds permettra à ceux qui le souhaitent, d'investir notamment dans des start-ups, des PME et des ETI de la BITD. Pourvu que cela dure...