Déjà historique en raison des températures atteintes, la canicule de juin 2026 pourrait également avoir pour triste conséquence un nombre record de victimes.Il est tombé le balai à la main. Ce jeudi 25 juin, un homme d’une quarantaine d’années, agent de propreté de la ville de Maurepas dans les Yvelines, a fait un malaise au milieu de la rue qu’il devait nettoyer. Atteint d’obésité, il a été pris en charge par le Samu mais n’a pas survécu. Combien d’autres victimes sont à déplorer ? Le triste record de 15 000 morts de la canicule de 2003 sera-t-il battu ? Les pouvoirs publics assurent qu’il est impossible de donner des chiffres pertinents.
Néanmoins, les indicateurs obtenus par La Tribune Dimanche auprès de médecins hospitaliers, de SOS Médecins et des pompes funèbres dressent un tableau inquiétant. « Je pense que la mortalité cumulée va dépasser 2003 », avance le docteur Benjamin Rossi, chef du service de médecine interne à l’hôpital Robert-Ballanger à Aulnay-sous-Bois.
« La différence avec 2003, c’est qu’on a atteint des pics de températures beaucoup plus élevés qui ont touché des populations plus jeunes, explique le médecin. À l’époque, on n’avait pas eu d’arrêts cardiaques chez les moins de 60 ans et les gens ne mouraient pas dans les services à cause de la chaleur. » Dans certaines des chambres de celui qu’il dirige, le thermomètre a affiché plus de 35 °C, plusieurs de ses patients soignés pour d’autres pathologies ont pris un coup de chaud, ils ont dû être admis en réanimation.
« Les patients ne sont pas en sécurité dans les services hospitaliers et les soignants sont épuisés », déplore-t-il, en colère. « Ce pic de canicule, c’est une alerte rouge, ça fait 20 ans qu’on nous promet des choses. On n’a pas réarmé les hôpitaux et aujourd’hui on le paie. »