Candidat à la présidentielle de 2027, Gabriel Attal alerte sur les « risques » d'un second tour LFI-RN et promet de « tout faire pour l'éviter ».
Depuis des années, la vie politique française semble s’organiser autour d’un scénario que beaucoup présentent comme inéluctable : l’affrontement entre La France insoumise et le Rassemblement national. Il faut être lucide : c’est un risque. Mais être lucide, c’est aussi voir clair dans le jeu des extrêmes : c’est leur scénario rêvé. Car, derrière leurs oppositions apparentes, ces deux forces politiques ont besoin l’une de l’autre. LFI pense pouvoir devenir le premier parti d’opposition en cas de victoire du RN, imaginant qu’au rayon du « on les a tous essayés » les Insoumis seront les suivants sur la liste. Et le RN, quant à lui, rêve de se retrouver face à LFI pour obtenir une victoire qu’il juge plus certaine que face à tout autre candidat.
Ce pacte nationalo-Insoumis n’a rien d’étonnant, tant ces deux partis partagent les mêmes méthodes. Jean-Luc Mélenchon est le nouveau Trump français. Culte de la personnalité, stratégie du chaos permanent, délégitimation constante des contre-pouvoirs, autant de ressorts qu’il emprunte à Donald Trump. Le RN de Jordan Bardella et Marine Le Pen se glisse de plus en plus dans des habits poutiniens. Toujours prêts à relayer en France la propagande anti-Ukraine du Kremlin, eux aussi aiment s’en prendre à nos institutions et à l’indépendance de la justice à chaque occasion.
Tant de Français me disent leur angoisse d’un second tour entre le RN et LFI. Je les comprends, et je leur fais une promesse : je ferai tout, de toutes mes forces, pour l’éviter. Parce que notre pays ne s’en relèverait pas.
Affrontement entre les extrêmes
Certains diront que ce scénario est déjà écrit. Qu’il serait impossible d’empêcher la mécanique qui conduit notre pays vers un affrontement entre les extrêmes. J’ai déjà entendu ce discours lors d’échéances passées. Nous avons toujours refusé cette fatalité, parce que ce n’est pas cela, la France. Alors qu’en 2024 le RN devait gagner et LFI être la seule opposition, aujourd’hui, le Rassemblement national ne gouverne pas la France. La France insoumise compte quant à elle moins de députés qu’avant la dissolution. Le duo des extrêmes n’a donc pas triomphé.
Cette expérience m’a conforté dans une conviction : les extrêmes ne sont jamais invincibles. Je sais ce que signifie les affronter politiquement. Mais je sais aussi une chose : demain, cela demandera davantage que des calculs électoraux ou des accords d’appareils.
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Pour empêcher le face-à-face dont rêvent LFI et le RN, il faudra construire quelque chose de plus grand. De plus courageux. Faire barrage ne suffira pas. Il faudra proposer une rupture, et bâtir un rassemblement.
En finir avec le vote contre
Cela semble contradictoire, mais c’est en fait complémentaire. La rupture, d’abord. Les Français n’en peuvent plus de voter contre. Contre les extrêmes. Contre le scénario du pire. Contre les projets de haine et de division. Ils veulent voter pour : pour un projet, pour un espoir, pour un changement.
Et pour porter cet espoir et ce changement dont notre pays a besoin, il faudra assumer de rompre avec un système qui ne fonctionne plus. Le vrai enjeu est là : si les extrêmes menacent, ce n’est pas parce que leurs projets rassemblent. C’est parce qu’ils prospèrent sur les ruines d’un système économique, politique et institutionnel à bout de souffle.
Il faudra rompre avec une « vétocratie » qui bloque tout.
Ne pas voir ce besoin de changement profond, vouloir maintenir sous respirateur artificiel un système qui ne fonctionne plus, c’est garantir aux extrêmes une victoire tôt ou tard. Changer en profondeur ce qui doit l’être, rompre avec ce qui ne fonctionne plus, avoir le courage de le dire et la force de le faire, c’est créer un élan suffisamment fort pour briser cette tenaille.
Il faudra pour cela dépasser les non-dits, briser des tabous, embrasser les enjeux du moment comme l’intelligence artificielle, le réarmement de l’Europe et de nos frontières, le besoin de cohésion ou le réchauffement climatique. Il faudra rompre avec une « vétocratie » qui bloque tout, avec un système qui nous empêche d’avancer, rompre avec les vieux réflexes politiques, claniques, corporatistes qui détruisent la confiance des Français dans leurs politiques et dans leurs institutions.
Esprit de rupture
C’est avec cet esprit de rupture et de transgression que nous reconstruirons un vrai élan national. C’est ainsi que nous recréerons de l’espoir. C’est ainsi que nous redonnerons aux Français la conviction que nous pourrons leur proposer des vies meilleures. Je porterai cet espoir car il est le seul moyen de sortir notre vie politique de sa tétanie face aux extrêmes.
Mais si le risque d’un second tour opposant le RN et LFI est avéré, cela ne suffira pas. Il faudra aussi rassembler pour se donner de la force. D’abord, rassembler ceux avec qui nous partageons les mêmes valeurs. J’ai toujours cherché à rassembler. Et je continuerai à le faire : je n’ai peur d’aucun débat et d’aucune méthode pour permettre le rassemblement dont notre espace politique aura besoin début 2027.
Avec ceux qui me suivent dans cette campagne, nous ne ferons jamais partie de ceux qui confondent partenaires et adversaires. Mes adversaires, les seuls, ce sont le Rassemblement national et La France insoumise.
Ensuite, beaucoup parlent d’un rassemblement de la droite et du centre. J’aspire à rassembler tous les Français, je ne peux donc pas être hostile au rassemblement des Français qui se reconnaissent dans ces sensibilités. Mais je le dis : ce rassemblement est trop étroit. Il ne suffira pas.
Parler au peuple
Car, pour gagner, il ne faut pas calculer, exclure, ou saucissonner les Français en tranches électorales. Il faut parler au peuple. À tout le peuple. Il faut rassembler, ouvrir, accueillir au-delà des étiquettes partisanes et des logiques d’appareils. Le rassemblement que je veux construire sera plus large. Il parlera à tous les Français, sans exception, d’où qu’ils viennent.
Car je ne suis pas candidat pour faire barrage. Je suis candidat pour redonner espoir aux Français, pour qu’ils puissent avoir la conviction et la certitude que nos enfants et nos petits-enfants vivront mieux que nous.
Je suis candidat pour faire de la France la première puissance d’Europe à travers quatre chantiers capitaux : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle. Je suis candidat pour rendre à notre pays la force d’agir. L’Histoire n’est jamais écrite d’avance. À nous de l’écrire.