En partenariat avec Turgis Gaillard, le constructeur automobile français se lance dans la conception et la fabrication d'un drone tactique d'une dizaine de mètres d'envergure. L'usine du Mans pourrait à terme fabriquer jusqu'à 600 drones par mois. Les deux partenaires ont obtenu un contrat du ministère des Armées de 35 millions d'euros.Renault Group a finalement cédé aux appels du ministère des Armées. Sollicité par la Direction générale de l'armement (DGA) avant l'été, le constructeur automobile a pris la décision de s'allier avec la société Turgis Gaillard, une société qui réalise 80 millions d'euros de chiffre d'affaires (400 salariés), pour concevoir et fabriquer des drones au sein d'une société commune appelée Chorus (détenue à 50/50), selon une information révélée par l'Usine Nouvelle. Selon nos informations, les deux partenaires ont été notifiés fin décembre d'un contrat initial de 35 millions d'euros de la DGA pour industrialiser un drone tactique d'une dizaine de mètres d'envergure à un prix extrêmement compétitif.
Une fois lancée, la chaine d'assemblage du drone installée dans l'usine Renault du Mans, qui fabrique des châssis, des composants et des pièces de fonderie, devrait fabriquer jusqu'à 600 unités par mois à l'issue de sa première année d'activité. C'est un pari très ambitieux pour les deux groupes même si, selon l'Usine Nouvelle, ce drone pourrait ouvrir la voie à un marché d’environ un milliard d’euros sur dix ans avec la DGA. A ce stade, les deux entreprises n'ont pas encore reçu de commandes pour ce drone, qui devra d'abord faire ses preuves lors des premiers essais en vol du prototype prévus en septembre prochain.
Un coût unitaire divisé par dix
Entre Turgis Gaillard et Renault, l'alliance semble très complémentaire et prometteuse. Alors que l'ETI basée en région parisienne apporte son expertise dans le domaine de la défense et la conception de drones (notamment l'Aarok, un drone MALE d'une envergure de plus de 20 mètres), le constructeur automobile amène quant à lui son savoir-faire industriel capable de massifier à moindre coût la production de ce drone tactique. Dans ce contexte, une équipe composée d’ingénieurs des deux entreprises a travaillé ces dernier mois dans le plus grand secret au Technopole de Renault à Guyancourt.