Basée à Sophia Antipolis, la jeune pousse s’intéresse aux éruptions solaires dont elle modélise les projections et trajectoires afin de sécuriser les satellites en orbite autour de la Terre. Un domaine appelé à monter en puissance et où l’Europe entend prendre sa part, avec le programme d’observation du soleil, Vigil, prévu pour 2031.Tous les onze ans, le Soleil connaît un pic d’activité lié à l’inversion de ses pôles magnétiques. Des milliards de tonnes de matières peuvent alors être éjectées soudainement. Un flux de particules particulièrement intense dont les conséquences se font sentir sur Terre et dans son environnement spatial, mettant à l’agenda les enjeux de protection des infrastructures critiques et de sécurisation des systèmes de communication. « Les satellites en orbite sont particulièrement vulnérables à ces vents solaires, d’autant plus depuis le déploiement du New Space. Les objets envoyés sont plus petits, plus légers, moins chers mais beaucoup plus sensibles que leurs homologues plus anciens et plus robustes. Dès lors, le besoin de suivre l’activité du Soleil pour anticiper les éventuelles perturbations à venir devient plus prégnant », explique Valentin Stée, opérateur de satellites et cofondateur de Pulsar Space Intelligence avec l’astrophysicien Anthony Salsi. Deux purs produits de l’écosystème spatial azuréen, passés par l’Observatoire de la Côte d’Azur, l’entreprise de services numériques Sophia Engineering, à l’origine de la deeptech très prometteuse Orus, et Acri-ST, spécialiste du segment-sol.
Météo-France appliqué à l’espace
Leur idée : proposer un service de météo de l’espace, « un peu comme Météo-France », capable de générer des prévisions, des alertes et des recommandations aux opérateurs de satellites en orbite. Pour ce faire, la jeune pousse basée à Sophia Antipolis, fondée à l’été 2025 et incubée au sein de l’Incubateur Provence Côte d’Azur, a développé un jumeau numérique de l’environnement spatial en temps réel qui simule et modélise les phénomènes solaires et leur trajectoire jusqu’à la planète bleue. Les données sur lesquelles s’appuient l’entreprise sont principalement issues de satellites américains, placés entre la Terre et son étoile, et dans une moindre mesure de l’ESA (Agence spatiale européenne). Laquelle entend rattraper son retard en la matière à travers le programme de météorologie spatiale et d’observation du Soleil, VIGIL, piloté avec Airbus Défense et Space UK. Son lancement est prévu en 2031. « Nous pourrons ainsi nous affranchir un peu plus des données non européennes », relève le dirigeant.