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Économie

Les Lauréates 2025 : ces Pépites qui mettent la lumière sur l’ombre

Laurence Bottero

Publié le 27 octobre 2025 à 09:00

Si elles agissent dans l'ombre, c'est sur des sujets de société très précis que ces femmes mettent la lumière

Si elles agissent dans l'ombre, c'est sur des sujets de société très précis que ces femmes mettent la lumière

DR

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Elles sont (très) jeunes et toutes entières tournées vers la cause qui les anime : faire savoir au plus grand nombre qu’une maladie invisible, le harcèlement, le futur de l’environnement… sont des sujets de société et économiques qu’il ne faut surtout pas mette sous le tapis. Qui sont ces femmes qui vont parfois à contre-courant mais avec bon sens ?

Gravir des montagnes est une expression souvent employée au figuré. Mais pour Constance Schaener, l’expression prend un sens propre lorsqu’elle décide en 2021 de monter tout en haut du Kilimandjaro. Pas pour des raisons sportives mais pour des raisons profondément personnelles, pour réaliser les dernières volontés de son père, décédé quelques années auparavant d’un cancer. Son souhait, exprimé dans une lettre, de voir ses cendres dispersées sur les plus hauts sommets du monde va devenir le leitmotiv de celle qui est alors très loin du monde de l’alpinisme. Depuis, Constance Schaerer a donc gravi le Kilimandjaro, l’Aconcagua, le Denali et l’Everest, devenant de fait, la plus jeune Française à atteindre les 8 849 mètres du mont situé à la frontière de la Chine et du Népal. Un exploit qui ne cache pas l’autre moteur de Constance, l’association « Sept sommet contre la maladie », qui accompagne les enfants dont l’un des parents souffre ou est décédé du cancer. Une façon de tendre et tenir la main aux plus jeunes démunis face aux conséquences de la maladie et qui, dans la vie de tous les jours, n’ont souvent pas ou peu de rampes auxquelles s’accrocher. Reste désormais à Constance Schaener de compléter l’objectif initial et de gravir le Puncak Jaya, l’Elbrouz et le mont Vinson, un nouveau tour du monde qui la portera de l’Océanie à l’Antarctique.

Tendre la main à ceux qui trop souvent demeurent dans le silence, c’est exactement le propos de Miel Abitbol. Le harcèlement scolaire, le revange porn, le viol, toutes ces horreurs dont on entend parler dans les journaux, elle les a vécus, à même pas 17 ans. C’est de retour de San Diego, en 2019, que le cauchemar succède à l’American Dream. Et alors que le harcèlement sort de l’ombre, semble-t-il, peu à peu, dans la réalité, tout a été « mis sous le tapis » dit Miel. Preuve que le chemin est encore long entre les principes parfaits sur le papier et la réalité. Pour « éviter que d’autres vivent ce que j’ai vécu », Miel Abitbol passe par la case création d’application. Ce sera Lyynk, jeu de mots de l’anglais « lien ». Car c’est cela la volonté fondamentale : permettre aux jeunes victimes de trouver un endroit où se reconnecter avec la parole pour éviter le silence qui ajoute de la douleur à la douleur. Lyynk lance donc Miel Abitbol sur le chemin de l’entreprenariat, une nouvelle route empruntée avec son père, Guirchaume Abitbol, entrepreneur dans la tech et sa psychiatre, Claire Morin. La santé mentale des jeunes est un vrai sujet de société et économique, surtout depuis la crise sanitaire. A ne mettre aucunement sous le tapis.

Un nécessaire accompagnement

Le même état d’esprit anime Louisadonna : psychologue clinicienne le jour, chanteuse la nuit, elle ne troque pas une casquette pour l’autre, tant les deux se mélangent. Son sujet, ce sont les violences infligées aux femmes et aux enfants, thème qui nourrit ses chansons et ses journées auprès de celles et ceux qui en sont victimes. Pour Louise Donna Dupont – son vrai nom dans le civil – impossible de choisir tant la chanteuse nourrit la psychologue et vice-versa. Très tôt confrontée aux violences qui accablent, c’est vers elle que l’on se tourne naturellement pour se confier. Il faut donc croire que c’est son destin – sa mission – que d’accompagner, quelle que soit la forme d’expression, en thérapie comme en chanson. Son univers rose, joyeux, à l’opposé de la gravité du sujet des violences, c’est aussi pour Louisadonna la meilleure façon de faire passer le message, bien mieux que « sous la pluie avec des pancartes moches », comme elle le fait remarquer.

Guider, c’est aussi le leitmotiv de Claire Pétreault. Cette diplômée de Sciences Po débute sa carrière par l’alimentation durable, l’économie circulaire et l’événementiel. Comme elle l’écrit dans son livre « Je bosse pour la planète » paru en 2024, son mantra est de toujours être alignée avec l’ikigaï, cette philosophie japonaise dont le principe est de trouver sa raison de vivre. C’est précisément pour aider les plus jeunes à trouver la leur qu’elle lance, d’abord sur Youtube, en 2020, « Les Pépites Vertes ». Un média et une communauté destinés à conseiller les jeunes « souvent perdus » dans leur chemin professionnel pour les mener vers les métiers à impact mais aussi dit-elle pour faire changer le monde du travail, là où il existe encore de grandes marges de progression.

Inverser les mentalités

Le propos ne serait pas démenti par Amélie Deloche qui poursuit une autre croisade, celle de lutter contre l’impact négatif de l’influence commerciale. Un domaine où les marges de progression sont évidemment gigantesques puisque 90% des 15-35 ans sont influencés par… les influenceurs. Détentrice d’un master de management, c’est à 30 ans qu’Amélie a son réveil écologique, ce déclic qui lui fait voir le monde autrement, après avoir lu le livre « Comment tout peut s’effondrer » de l’auteur et conférencier français Pablo Servigne. Ainsi naît Paye ton influence, dont l’objectif est de placer le focus sur les influenceurs, ces « personnalités incontournables de la société » mais qui, parce qu’elles « peuvent orienter les normes sociales, de consommation », pourraient influencer dans le sens d’une consommation responsable, en changeant de discours. Avec l’Ademe, elle a d’ailleurs créé un guide de l’influenceur responsable, paru en 2024.

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Ce qui ne se voit pas ne bénéficie pas toujours de l’attention méritée. C’est vrai pour les maladies auto-immunes, pour les troubles psychologiques ou les troubles « dys »… toutes ces maladies invisibles parfois accompagnées de douleurs chroniques, de diagnostics compliqués qui font partie du quotidien de 9 millions de personnes en France, impactant leur vie, sans que jamais cela soit une réalité pour l’entourage, professionnel, amical… C’est tout cela que Petite Mu veut changer. Confrontées au sujet du handicap invisible lorsque la première apprend qu’elle est atteinte d’une sclérose en plaques et la seconde qu’elle souffre de troubles psy, Alice Devès et Anaëlle Marzelière ont choisi de créer le média qui n’existait pas, celui qui par le biais de l’humour et de la simplicité informe grâce aux bandes dessinées, aux podcasts et aux conférences. En 2023, la Petite Mu devient également une agence avec comme mission d’accompagner les entreprises à sensibiliser leurs collaborateurs.

Laurence Bottero

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