Les Lauréates 2025 : des Visionnaires qui veulent se « rendre utiles »

Les Visionnaores, six femmes qui dessinent l'avenir en sciences, en médecine, en innovation
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Les Visionnaores, six femmes qui dessinent l'avenir en sciences, en médecine, en innovation
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Leurs parcours de vie sont différents, très différents même. Mais l’origine de ce qui les a poussés vers une voie plutôt qu’une autre, c’est l’envie de se rendre utile.
Souvent cela commence très tôt. Chez Iris Maréchal, c’est en 2019 lorsqu’elle crée l’observatoire étudiant des violences sexuelles et sexistes dans l’enseignement supérieur. On n’est pas encore à l’heure de #MeToo, mais la démarche permet d’informer les plus jeunes, de prévenir et de lever le voile sur ce qui reste un tabou. Quelques années plus tard, revoilà Iris dans l’entreprenariat. Plus exactement, dans celui la santé, un domaine dans lequel elle a toujours voulu évoluer avec l’obsession de « mieux comprendre le fonctionnement du vivant et savoir comment soigner les personnes », explique-t-elle. L’occasion de donner libre cours à sa curiosité tout en continuant à être utile aux autres, elle le trouve avec Theremia, une start-up qui utilise la data pour mieux servir le patient, en tenant compte de nombreux facteurs qui sont souvent mis de côté, comme le sexe, le poids ou l’âge. La jeune pousse se penche actuellement sur Alzheimer, Parkinson et travaille avec les grands instituts et référents spécialisés.
La santé c’est aussi le domaine qui a très vite attiré Laurence Comte-Arrasus. Son rêve de devenir chirurgienne en Afrique ne sera pas tout à fait exaucé mais la santé demeurera sa boussole puisque c’est vers le dispositif médical que sa carrière s’oriente. Présidente pour la France de Medtronic, l’entreprise d’origine irlandaise à qui l’on doit le premier pacemaker, elle préside désormais General Electric Healthcare pour la France, la Belgique et l’Afrique francophone. Et se fait l’avocate du dispositif médical, incontournable aujourd’hui en santé, parce que, dit-elle, il permet de mettre les innovations à disposition de tous. Un engagement qu’elle porte au plus haut niveau, puisqu’elle préside le syndicat national de l’industrie des technologies médicales, le Snitem. Et de plaider aussi pour la diversité, facteur d’une meilleure compréhension des problématiques, quelles qu’elles soient, que ce soit en santé ou dans un autre domaine. Sans compter la place des femmes en santé, qui est loin, affirme-t-elle, de l’égalité recherchée.
Elle aussi se voyait médecin, mais plutôt pédiatre. Là encore, le destin en décide autrement et pousse Martine Gilard vers la cardiologie. Un domaine qu’elle embrasse totalement, devenant cardiologue interventionnelle au CHU de Brest. Professeure de médecine – pour cela elle n’hésite pas à reprendre ses études – elle est la première femme à présider la Société française de cardiologie. Elle est également membre de la société européenne de cardiologie. Le cœur, ce muscle précieux, est l’objet de toute son attention, surtout quand il faut prévenir et chasser les idées reçues, comme celles qui imaginent que l’infarctus du myocarde n’est pas une question de femmes. Or, c’est précisément la première cause de mortalité. Et l’inégalité de prise en charge reste un sujet plein et entier puisque c’est ce qui entraîne une surmortalité. Un sujet qu’elle défend aussi en tant qu’administratrice de la fondation Cœur et Recherche.
Aider les autres, c’est le fondement de la démarche qui porte Daniella Tchana. Docteure en mécanique, matériaux et nanotechnologies, cette Camerounaise d’origine, arrivée en France grâce à une bourse, est partie du constat simple, celui de l’inégalité d’accès aux grandes écoles scientifiques, qui crée un déséquilibre avec les jeunes établis loin de la Capitale, dans les territoires. C’est de cela qu’est née BeSmart-Edu, sa start-up, classe préparatoire en ligne d’envergure internationale – ses étudiants sont en France, en Afrique ou en Asie – et qui dit-elle gomme les contraintes aussi bien géographiques que financières. Parler études scientifiques, c’est aussi évoquer le terrible besoin de profils féminins qui manquent tant à la filière. Un combat dans lequel Daniella Tchana s’implique totalement en créant les Olympiades féminines de mathématiques en France. Et cette passionnée de pâtisserie et de stylisme d’exhorter les jeunes filles à ne pas se laisser dicter le métier qu’elles veulent exercer.
Aider les autres, c’est aussi ce qui décide Clémentine Piazza à laisser tomber l’immobilier pour le monde du funéraire. Loin des modèles des grands acteurs qui trustent le marché et qui, dit-elle, s’occupent davantage de logistique plutôt que tous ces à-côtés qui sont lourds lors d’un deuil. InMemori naît en 2016, convainc des investisseurs dont Eurazeo et Partech et devient une entreprise de pompes funèbres après avoir été d’abord un site en ligne d’hommages aux personnes disparues. Désormais entreprise à mission, InMemori a fait le choix des territoires, essaimant dans l’Hexagone, à Lyon ou Nantes, pour dit-elle, être à la hauteur des moments difficiles que traversent les familles.
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S’inscrire dans le futur, dans la mobilité de demain, celle qui fait rêver, c’est tout le propos de Eloa Guillotin. En 2020, elle co-fonde Beyond Aéro, start-up installée à Toulouse et lève 44 millions d’euros, alors qu’elle n’a même pas 30 ans, pour se lancer dans la fabuleuse aventure de l’avion à hydrogène. Une aventure qui mène la petite équipe qui l’entoure jusqu’à effectuer un vol d’essai à Gap, dans les Hautes-Alpes en 2024, sous forme d’un jet privé, baptisé Blériot, du nom de celui qui fut le premier à traverser la Manche par les airs. Mais l’objectif d’Eloa Guillotin c’est de construire un avion entièrement électrique. Un objectif comme un défi pour celle qui prouve que l’aéronautique est aussi une voie d’avenir pour les jeunes femmes.
Pour rappel, les Visionnaires sont l’une des six catégories des Lauréates, l’événement que La Tribune organise le 4 novembre prochain à Paris en partenariat avec le magazine Elle.