Lauréates 2025 : Les six femmes qui s’engagent pour un monde plus juste et plus inclusif

Elles cassent les codes et imposent une nouvelle façon de percevoir le monde. Qui sont ces Lauréates, ces femmes de combats qui ne lâchent rien ?
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Elles cassent les codes et imposent une nouvelle façon de percevoir le monde. Qui sont ces Lauréates, ces femmes de combats qui ne lâchent rien ?
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Violences sexuelles, droit des femmes, égalité des chances, leadership, inclusion et solidarité, elles œuvrent chaque jour avec une conviction chevillée au corps et au cœur : changer le système et imposer de nouveaux modèles.
Ancienne prodige du tennis, Angelique Cauchy n’a jamais cesse de se battre. Alors qu’elle n’a que douze ans, elle tombe sous l’emprise de son entraineur. L’enfer qu’elle a vécu, les viols, les agressions, les humiliations, son entrée en résistance à treize ans pour se sortir des griffes de son prédateur, elle le raconte dans un livre bouleversant intitulé « Si un jour quelqu’un te fait du mal » paru chez Stock l’an dernier. « J’ai écrit ce livre pour que mon fils ne soit ni victime ni agresseur. Je le dois à la petite fille que j’étais et grâce à laquelle je suis encore en vie » écrira-t-elle. La jeune femme de 38 ans va faire des violences sexuelles sur les enfants le combat de sa vie. En 2016, alors qu’elle est en pleine procédure pénale aux côtés des trois co-victimes du même entraineur, elle fonde et préside l’association Rebond qui soutient les jeunes victimes et qui sensibilise le milieu du sport à la protection des enfants. Voix indispensable, résiliente et déterminée à changer le système et à libérer la parole, elle impose un modèle de courage et d’engagement.
Du courage et de l’engagement c’est aussi ce qu’il a fallu à Hamida Aman, née à Kaboul en Afghanistan pour oser créer Radio Begum en 2021 alors que se profile la menace du retour des talibans au pouvoir. Begum, en hommage au prénom de sa grand-mère signifie « « princesse », « femme de haut rang » ou encore « maîtresse » devient le média incontournable des femmes dans un pays où elles n’ont plus accès à l’enseignement secondaire. Privée d’antenne le 4 février dernier par les autorités locales, cette Radio restait la seule à diffuser des programmes éducatifs pour elles et par elles. Enfant, La jeune Hamida avait déjà dû fuir avec sa famille les combats dus à l’intervention soviétique dans son pays en 1981, pour se réfugier chez un oncle près de Lauzanne en Suisse. À 52 ans, la suisso-afghane est à la tête de Begum Organization for Women (BOW), dont la mission est triple : à la fois ONG qui œuvre pour l’autonomisation des femmes en Afghanistan, média, et portail de cours en ligne. En donnant la parole à celles que l’on veut faire taire, Hamida Aman force l’admiration et temoigne de l’importance vitale de la liberte d’expression.
Prendre la parole pour défendre ses convictions est une chance que Sanaa Saitouli saisi aussi souvent que possible. Au cœur de son engagement, cette fois, l’écologie populaire ancrée dans les territoires oubliés. Nee en 1982 d’une mère marocaine et d’un père mauritanien, la quadragénaire a grandi dans le quartier des Chênes d’Or et de La Croix Petit, à Cergy dans le Val d’Oise. Cette mère de trois enfants débute son parcours comme responsable de site pour un bailleur social avant d’entamer une carrière d’élue locale pour défendre notamment les familles en difficulté, les personnes âgées et soutenir la jeunesse dans les quartiers. En 2022, elle repère Féris Barkat, activiste et influenceur sur les réseaux sociaux et le rencontre grâce à Abdelaali El Badaoui, infirmier et militant associatif. Tous trois décident alors conjointement de fonder l'association Banlieues Climat, qui vise à fédérer, sensibiliser, et inspirer les populations des quartiers populaires sur les questions environnementales et climatiques afin de faire émerger leurs voix et des projets locaux dans le débat public. À Cergy, elle mobilise les habitants autour de projets de vegetalisation, de justice climatique et d’ateliers de sensibilisation. En 2014, Banlieux Climat va ouvrir la première école populaire du climat à Saint Ouen. Sanaa Saitouli incarne une nouvelle generation d’ecologistes : inclusive, decentralisee, de terrain. Sa capacite à federer, sa pedagogie et sa « radicalite tranquille » bousculent les codes traditionnels de la transition ecologique.
Femme de défis au pluriel, poids lourd du sport français Sarah Ourahmoune restera la première boxeuse française à se qualifier à une olympiade. Quand elle décrochée sa médaille d'argent de vice-championne olympique à Rio en 2016, elle mène déjà parallèlement une autre carrière professionnelle : celle de cheffe d'entreprise. Avec Boxer Inside, la porte-parole des Jeux olympiques de Paris 2024 transmet son savoir, tout en veillant au bien-être de ses adhérent(e)s. Pourtant rien ne prédestinait la championne du monde (2008) à monter sur un ring. C’est un peu par hasard, en passant devant une salle de boxe d’Aubervilliers en Seine-Saint-Denis où elle grandit avec ses cinq frères et sœurs qu’en 1996, elle se laisse convaincre de mener une carrière de sportive à haut niveau dans une discipline où les femmes avaient encore tout à prouver. Ses modèles ? Khaina, guerrière berbère du 7ème siècle, femme charismatique qui s’est battue pour que les femmes Berbères soient libres dans les tribus marocaines notamment et Alice Milliat, athlète qui a beaucoup milité pour la place des femmes dans le sport en créant notamment les premiers Jeux Olympiques féminins en 1922. Maman de trois enfants, cheffe d’entreprise aguerrie cette diplômée de Sciences Po Paris et conférencière reconnue incarne la force du combat, la capacité à se battre dans des milieux hostiles, à repousser les limites, et à défendre l’égalité, la diversité et la mixité dans le sport et l’entreprise.
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Croire en soi et prendre sa place dans la société quel que soient ses origines et ses bagages c’est aussi ce que défend et promeut Athina Marmorat. Un engagement qui fait écho à l’histoire personnelle de cette quadragénaire qui grandit à Paris dans le quartier de Ménilmontant alors encore très populaire. Cette fille d’émigré tunisien va vivre un véritable choc des cultures en passant de son lycée de quartier cosmopolite à une école de commerce privé dans le Marais où elle était la seule fille issue de la diversité, et de condition modeste. Elle démarre sa carrière comme cheffe de produit chez France Telecom, puis dans l’industrie du tabac. Mais quelque chose cloche dans ce parcours qui ne lui correspond pas. Elle opère alors un changement radical en décidant de rejoindre le cabinet de recrutement spécialisé dans la promotion de la diversité, Mozaïk RH. Là, elle y rencontre des jeunes filles qui, comme elle, aspirent à être et à devenir. Forte de cette expérience elle décide de fonder en 2013 l’association Rêv’Elles pour offrir à des jeunes filles de milieu modeste, une chance de se révéler à elles-mêmes. Rêv’Elles propose différents programmes qui aident et accompagnent les jeunes filles entre 14 et 20 ans à prendre confiance, construire leur projet professionnel et déployer leur pouvoir d’agir au sein d’une communauté de femmes engagées. Fée du « possible », révélatrice de talents, cette ambassadrice de la confiance en soi veut faire la courte échelle à celles qui veulent rêver en grand.
À 73 ans, elle aussi continue de rêver en grand ! Henriette Steinberg, doyenne de la promotion 2025 des Lauréates, est un exemple d’engagement et d’altruisme. Sa vie entière, elle va la consacrer à venir en aide aux plus démunis. 1963, par un hiver glacial, la petite Henriette a douze ans et organise sa première collecte d’argent au sein de Secours Populaire pour les enfants de mineurs. 62 ans plus tard elle en est la Secrétaire Générale et œuvre depuis 1975 en poursuivant la mission historique de l’institution, celle de s’engager quotidiennement pour un monde plus juste et plus solidaire et d’agir contre toute forme d’exclusion. Fille de survivants de la Shoah, issue d’un milieu modeste, la solidarité est naturelle, presque « innée » pour la septuagénaire qui raconte son parcours et ses convictions dans un livre intitulé « Ne jamais baisser les yeux » paru chez Robert Laffont en 2022. Un mélange d’autobiographie et de manifeste dans lequel elle invite le lecteur à regarder la réalité de ce monde en face, dans sa fragilité, avec ses injustices. Condition pour pouvoir construire un avenir meilleur pour toutes et tous. Henriette Steinberg poursuit son engagement en conseillant les politiques publiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Polyglotte – elle parle anglais et russe -, elle incarne une figure majeure de la solidarité en France.
Pour découvrir l’intégralité de la nouvelle promotion des Lauréates 2025, rendez-vous sur latribune.fr et sur notre site dédié laureates.fr
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