Après l’instauration des taxes Trump, l'heure de vérité pour les producteurs de rosé
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Le marché des Etats-Unis représente 40% des exportations des vins de Provence.
Clémence Louise Biau
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Le marché des Etats-Unis représente 40% des exportations des vins de Provence.
Clémence Louise Biau
C’est à quelques jours du début des vendanges, fin août, après des mois d’obscurité et de ballottement que la sentence est finalement tombée : les vins français se sont vus imposer une taxe de 15% lors de leur entrée aux Etats-Unis. Depuis, la saison estivale – qui s’est bien comportée dû aux commandes pré- élection de Trump – a tiré sa révérence et les vignerons, en pleine vinification, attendent de connaître l’issue des négociations des ventes de la saison prochaine pour expédier, dès décembre, la première salve de commandes. « Les annonces dans tous les sens, pendant des mois, ont eu un effet de stop and go sur le rythme du marché avec, de fait, un impact négatif », déplore Brice Eymard, directeur du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP). « Une partie de nos clients avaient anticipé la taxe. Beaucoup ont passé leur commande en novembre dernier, quand Trump est revenu, et en janvier au plus tard », note Hélène Dragon, à la tête du domaine familial Jacourette, au pied de la Sainte-Victoire.
Peut-être cette anticipation a-t-elle limité la casse pour les vins de Provence. « Les expéditions sont stables en volume aux Etats-Unis à la mi-année », note Brice Eymard qui souligne même une augmentation, tous marchés à l’export confondus, de 2% à fin juillet. Car le pays outre-Atlantique est « un marché primordial : 18% des volumes totaux ou 40% des exportations des vins de Provence ». Le premier marché à l’export pour un grand nombre de vignerons de rosé, si ce n’est tous puisque le produit provençal profite de « sa position de leadership sur le marché états-unien », affirme le directeur du CIVP.
Pour autant, si à première vue le rosé tire son épingle du jeu, la conjoncture actuelle américaine, sur fond d’inflation galopante, chômage et shutdown, ne permet pas d’être optimiste. « La situation aux Etats-Unis se complique car de nombreux restaurants ferment leur porte », confie Jean-Pierre Daziano, propriétaire du domaine de La Fouquette dans un petit village de la Provence des Maures. « La situation est très différente en fonction des vignerons », précise Hélène Dragon, qui déplore une diminution de 30% de ses ventes l’année dernière qui s’explique par un « gel des commandes dès Trump » et la réaction de « clients qui n’étaient pas prêts, frileux, de fait, à importer du vin ». Une incertitude nourrit par le fait que le produit subit la taxe en vigueur au moment où la commande entre sur le sol américain. Un pari risqué quand on sait qu’une commande met entre trois semaines et un mois à arriver sur la côte Est des Etats-Unis, un mois et demi pour la côte Ouest.
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