Guerre au Moyen-Orient : la confiance des ménages et le climat des affaires se dégradent fortement
latribune.fr
Selon l'Insee, les ménages français redoutent notamment une dégradation de leur niveau de vie.
Kirsten Donovan - REUTERS - Sarah Meyssonnier
La confiance des ménages a connu en avril sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine, a indiqué l’Institut national de la statistique ce vendredi. Jeudi, le climat des affaires a reculé de trois points pour le mois de mars.
La confiance des ménages français a connu une forte dégradation en avril, sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine, a indiqué l’Institut national de la statistique ce vendredi.
Dans un contexte de vives tensions géopolitiques avec la guerre au Moyen-Orient depuis le 28 février, l’indicateur a perdu 5 points en avril à 84, après s’être déjà légèrement replié le mois précédent à 89, ce qui l’éloigne encore plus de sa moyenne de longue période (100 entre janvier 1987 et décembre 2025). Il est à son plus bas niveau depuis mai 2023.
Pour rappel, plus la valeur de l’indicateur est élevée, plus elle traduit une opinion favorable des ménages concernant la situation économique. L’enquête de l’Insee est réalisée mensuellement auprès de quelque 2 000 ménages interrogés par téléphone.
Inquiétude sur les finances personnelles
L’Insee relève en premier une importante dégradation de l’opinion des ménages concernant leur situation financière personnelle, passée ou future. Sur ce point, le solde d’opinion, c’est-à-dire la différence entre la proportion de répondants ayant exprimé une opinion positive et la proportion de répondants ayant exprimé une opinion négative, perd sept points.
La proportion de ménages qui estiment que les prix vont accélérer au cours des douze prochains mois augmente encore en avril, et le solde d’opinion associé atteint son plus haut niveau depuis avril 2022. La part de ménages estimant opportun de faire des achats importants diminue également, note l’Insee.
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Crispation sur la capacité à épargner
L’institut statistique observe aussi une baisse des opinions favorables en ce qui concerne la capacité des ménages à épargner. La proportion de ménages estimant opportun de le faire reste toutefois stable, et le solde d’opinion associé est bien supérieur à sa moyenne de longue période (39 en avril, contre 19 en moyenne de janvier 1987 à décembre 2025).
Les ménages redoutent également une dégradation de leur niveau de vie, selon l’Insee, qui note que le solde d’opinion en la matière se dégrade fortement. Il perd six points et atteint son plus bas niveau depuis septembre 2022. L’enquête met également en exergue une remontée des craintes concernant l’évolution du chômage.
Les patrons n'ont pas le moral non plus
Les ménages ne sont pas les seuls à exprimer de l'inquiétude. Les patrons d'entreprises aussi. En témoigne l'indicateur mesurant le climat des affaires tombé ce jeudi. Celui-ci s’est « assombri nettement » en avril, à 94, soit un recul de 3 points par rapport au mois de mars. C'est bien en deçà de sa moyenne de longue période (fixée à 100). Un tel score n'avait pas été observé depuis juillet 2024.
Dans tous les secteurs, « les perspectives générales d’activité se dégradent », indique l’Insee. Le climat des affaires « se dégrade nettement » dans le commerce de détail et le commerce et la réparation d’automobiles, en recul de six points, à 94, en raison « de la forte baisse des soldes relatifs aux intentions de commande et aux perspectives générales d’activité ».