C’est une situation inédite à laquelle se confronte la deuxième Métropole de France. Rayé de l’ordre du jour, le budget n’a pas été présenté et donc, pas voté. Une réaction unanime et solidaire, dans un hémicycle pourtant traversé par bien des divergences politiques, à un budget qui accuse un déficit de 123 millions d’euros dû à un budget annexe des transports plombé par 220 millions d’euros de déficit, qu’il a fallu combler. Pour le président et les 92 maires qui forment le conseil métropolitain, cette situation résulte en grande partie de la coupe budgétaire de 120 millions d’euros actés dans les lois de finances de 2025 ( -50 millions d’euros) et de 2026 (-70 millions d’euros). « Ces 120 millions d’euros qui nous manquent, c’est l’Etat qui nous les a enlevés », martèle le président de la Métropole, Nicolas Isnard. « En réalité, c’est 200 millions qu’il manque à la Métropole pour fonctionner correctement », glisse le maire de Marseille, Benoît Payan.
Devant les 238 élus réunis ce jour, Nicolas Isnard n’a donc pas fait durer le suspense. « Le vote du budget a été retiré de l’ordre du jour », a-t-il annoncé conformément à la décision prise par les maires des 92 communes qui composent le territoire métropolitain la semaine dernière. « Après quinze jours où nous avons collectivement cherché toutes les solutions pour présenter un budget cohérent, force est de constater qu’il est impossible en l’état de présenter un budget où serait inscrit autant de recettes que de dépenses », a-t-il justifié.