CAC 40 : « Sans loi, la féminisation des instances de gouvernance n’évoluerait pas »
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Michel Ferrary est chercheur affilié à Skema Business School.
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Michel Ferrary est chercheur affilié à Skema Business School.
DR
LA TRIBUNE – L’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, que vous dirigez depuis 2007, montre, que si la féminisation des instances de gouvernance des entreprises s’améliore, le chemin est encore sinueux alors que la loi Rixain – qui exige 30% de femmes dans les instances dirigeants est entré en application ce 1er mars…
MICHEL FERRARY – Ce que montre notre étude, c’est l’effet de la loi Rixain qui, en effet, exige que les entreprises de plus de 1 000 salariés comptent 30% de femmes dans leurs instances dirigeantes et parmi leurs cadres dirigeants. Ce sera 40% en 2029.
Et ce que montre également notre étude, c’est que la loi a un vrai effet. Mais tout le monde n’y va pas à la même vitesse. Certaines entreprises sont déjà au quota de 2029, avec un taux de féminisation de 40%. D’autres n’atteignent toujours pas 30%. Elles vont donc devoir accélérer. Le côté intéressant du CAC 40 c’est que toutes les entreprises qui le constituent ne sont pas, d’un point de vue juridique, en France. Cela leur permet de détourner les obligations… Accor, BNP, Kering, Schneider Electric, Engie, Publicis font partie des bons élèves ayant déjà 40% de leurs instances de gouvernance féminisées.
Cela apporte une réponse définitive à la question qui a souvent fait débat, faut-il ou pas instaurer des quotas…
A l’étranger il n’existe pas de quotas, encore, sur les comités exécutifs. Et l’on constate que toutes les dimensions qui ne sont pas touchées par les quotas ne subissent aucune évolution. Ainsi, la loi ne dit rien sur la présidence des conseils d’administration… et le chiffre ne bouge pas, seules deux femmes sont aujourd’hui présidentes de conseils d’administration – Angeles Garcia-Poveda (Legrand) et Barbara Dalibard (Michelin), NDLR. Aucune femme ne cumule présidence et direction générale alors que c’est le cas pour quatorze hommes. Si on veut voir le verre à moitié plein, on dit que la loi à un effet. Longtemps on s’est posé la question de faut-il une loi ou pas. Maintenant, avec le recul, on se rend compte que dans les pays où il n’y a pas de loi, ça n’évolue pas beaucoup, comme aux USA, en Suisse, en Angleterre… l’histoire nous montre que les quotas jouent le jeu. Autre enseignement, là où la loi n’intervient pas, il n’y a pas vraiment d’évolution. Il n’y a pas eu, non plus, l’effet ruissellement qu’espéraient les législateurs… C’est un peu la limite.
Retraites : comment les candidats à la présidentielle veulent contourner l’obstacle de l'âge légal
Comment la famille Trump a bâti un empire crypto sans risque… et refilé les pertes aux investisseurs
A Nice, les PME fragilisées par le retard des indemnisations post-UNOC
Population suisse limitée à 10 millions : pourquoi le projet anti-immigration inquiète le monde économique