Médicaments innovants : 21 traitements désormais à plus de 100.000 euros par an
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L'oncologie concentre une large part de cette dynamique haussière liée aux médicaments innovants.
GFM - REUTERS - Info - Gonzalo Fuentes
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L'oncologie concentre une large part de cette dynamique haussière liée aux médicaments innovants.
GFM - REUTERS - Info - Gonzalo Fuentes
L’Assurance maladie tire la sonnette d’alarme sur la dérive des coûts des médicaments innovants, dont l’impact financier s’est fortement accru au cours de la dernière décennie. Dans des données présentées ce mercredi, l’institution met en lumière la montée en puissance de traitements très onéreux, notamment en oncologie, qui concentrent désormais une part croissante des remboursements.
« Alors qu’en 2015, un seul médicament dépassait un coût de traitement annuel de 100.000 euros par patient, ils sont 21 en 2025 à franchir ce seuil, et les traitements les plus coûteux dépassent désormais 185.000 euros par patient et par an », avant remises, souligne l’Assurance maladie. Ces montants s’entendent avant les rabais négociés entre l’État et les laboratoires pharmaceutiques, un mécanisme devenu central pour contenir la facture publique.
Le phénomène atteint des niveaux extrêmes pour certains médicaments destinés à des maladies rares. Deux traitements dépassent ainsi le million d’euros par an et par patient : le Bylvay, prescrit à 59 patients atteints d’une pathologie rare du foie, et le Myalepta, administré à 39 patients souffrant d’une maladie grave du tissu graisseux. Si le nombre de bénéficiaires reste très limité, l’impact budgétaire est significatif.
L’oncologie concentre une large part de cette dynamique. En 2024, deux anticancéreux ont franchi le seuil symbolique du milliard d’euros de remboursement : Keytruda, avec 2,1 milliards d’euros, et Darzalex, avec 1,05 milliard. L’Assurance maladie rappelle que le nombre de patients pris en charge en cancérologie progresse en moyenne de 3 % par an en France, accentuant mécaniquement la pression sur les dépenses.
Plus largement, si les médicaments innovants restent minoritaires en volume, leur poids financier est disproportionné. En 2024, leur coût annuel moyen s’est élevé à 3.801 euros par patient, contre seulement 161 euros pour les médicaments plus anciens. « Les médicaments de plus de 1.000 euros, correspondent à 0,5 % du volume des médicaments remboursés et à un tiers de la dépense totale », a détaillé Sophie Kelley, responsable du département des produits de santé à l’Assurance maladie, lors d’une conférence de presse.
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Pour la direction de la Caisse nationale de l’Assurance maladie, cette trajectoire pose un enjeu majeur pour les finances publiques. Thomas Fatôme, son directeur général, relie cette évolution à « l’essor des innovations thérapeutiques contre des maladies rares et graves désormais prises en charge », tout en y voyant « un sujet de soutenabilité » pour le système de santé.
Face à cette équation délicate entre accès à l’innovation et maîtrise des dépenses, Thomas Fatôme appelle à « une politique de prix qui reste la plus cohérente possible pour pouvoir financer l’innovation ». Il insiste parallèlement sur la nécessité de générer des économies sur les traitements n’apportant pas de progrès thérapeutique : les médicaments n'affichant pas de progrès thérapeutique (classés ASMR V) doivent, selon lui, laisser davantage de place aux génériques et aux biosimilaires afin de dégager des marges de manœuvre budgétaires.
(avec AFP)
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