Une innovation de rupture dans les maladies neurodégénératives : Harmonix développe une solution d'ultrasons focalisés pour traiter Alzheimer et Parkinson. La start-up orléanaise vient d’être sélectionnée par le laboratoire Servier pour intégrer son incubateur de Paris Saclay. Elle vise une mise sur le marché de sa solution d’ici à 2028. Explications.Le cerveau humain possède une forteresse quasi inexpugnable : la barrière hémato-encéphalique. Si elle le protège des agressions extérieures, elle bloque aussi 98 % des médicaments. En 2026, ce verrou biologique condamne encore 1,6 million de Français atteints d’une maladie neurodégénérative (MND), telle que la maladie de Parkinson, d’Alzheimer ou la sclérose en plaques. Ce chiffre devrait croître de 40 % dans les deux prochaines décennies, selon les données du ministère de la Santé.
Bien que ce dernier ait lancé en septembre dernier une nouvelle stratégie nationale contre les atteintes du cerveau à l’horizon 2030, les traitements à partir de molécules actives restent rares et, surtout, peu efficaces.
Les quelques médicaments disponibles « tentent de traiter non pas les causes des maladies neurodégénératives, mais leurs conséquences », explique Chantal Pichon, enseignante-chercheuse à l’UFR de médecine d’Orléans. « Ainsi, ils atténuent les symptômes ou en ralentissent modestement l’évolution. » Les laboratoires américano-japonais Eisai/Biogen et suisse Roche sont notamment spécialisés dans le traitement des maladies d’Alzheimer et de Parkinson.
Dix ans de recherche
A contrario, les thérapies géniques, qui consistent à réparer ou à changer les gènes défaillants, semblent bien plus prometteuses dans la lutte contre la neurodégénérescence, qu’elles pourraient même prévenir. Les grands laboratoires investissent massivement dans ces approches (alliances, rachats, plateformes de vecteurs viraux). À l’échelle mondiale, on compte déjà environ 680 programmes de thérapies géniques au stade d’essais cliniques. Reste que, comme les molécules classiques, ces dernières ne peuvent jusqu’à présent franchir la barrière hémato-encéphalique. C’est justement au niveau de ce verrou de protection naturelle qu’intervient la solution brevetée en 2024 par Harmonix. Elle est issue des travaux de recherche au CNRS d’Anthony Delalande, associé de la start-up orléanaise aux côtés de sa dirigeante, Delphine Galezowski.