Commerces ruraux, services à domicile, activités artisanales : face aux difficultés d’accès à l’emploi et au recul de certains services, les microentrepreneurs jouent un rôle croissant dans les territoires. Mais leur impact, réel à l’échelle locale, reste conditionné à leur pérennité, à l’accès au financement et à l’existence d’un écosystème d’accompagnement.Dans les villages comme dans les quartiers prioritaires, l’entrepreneuriat de proximité apparaît de plus en plus comme une réponse concrète à des besoins très locaux. Selon le dernier rapport d’impact de l’Adie, 80 % des entreprises créées avec son soutien sont toujours en activité deux à trois ans après leur lancement, tandis que 95 % des bénéficiaires sont insérés professionnellement, à leur compte, salariés ou retraités.
Autre chiffre révélateur : 31 % des entrepreneurs accompagnés déclarent qu’ils auraient dû quitter leur territoire pour trouver un emploi s’ils n’avaient pas créé leur activité.
Loin des grandes levées de fonds, ces projets relèvent souvent de la petite restauration, des services à domicile, du commerce de proximité ou de l’artisanat. « C’est le vrai visage de l’entrepreneuriat en France. Deux entrepreneurs sur trois, voire trois sur quatre, créent leur entreprise individuelle », rappelle Angèle Mignonac, directrice régionale de l’Adie en Bourgogne-Franche-Comté.
Selon elle, les collectivités regardent encore beaucoup les start-up et les projets innovants, mais « le discours revient un peu vers l’entrepreneuriat individuel ».
Des projets ancrés dans leur territoire
À Aunay-en-Bazois, dans la Nièvre, Isabelle Michel a créé L’Aiguille Enchantée, un concept-store rural mêlant artisanat, épicerie fine, dépôt de pain et espace café. À 53 ans, après une expérience dans le commerce, elle a choisi de construire une activité à partir des besoins de son territoire. Le financement obtenu lui a permis de constituer son stock et de sécuriser sa trésorerie de départ.