Les Français ont appuyé sur le frein des dépenses avant même la guerre en Iran. En 2025, la consommation des ménages a fortement ralenti à 0,4 %, contre 0,8 % en 2024, selon une étude de l’Insee dévoilée ce mardi 16 juin. Et ce, malgré un fort coup de frein de l’inflation. L’indice des prix à la consommation (IPC) a accéléré de 0,8 % contre 2,2 % en 2024 et 7,1 % en 2025. Dans l’énergie, les prix ont chuté de trois % contre une hausse de 12 % en 2024. Dans les stations-service, les prix ont également reculé (-4,4 %).
Comment expliquer cet étrange paradoxe ? « Les prix mesurés par le déflateur de la consommation des ménages décélèrent, mais restent à un niveau élevé, suite aux augmentations importantes successives en 2022 (+4,9 %) et 2 023 (+7,1 %). Par exemple, les prix des produits alimentaires ont augmenté de +7,4 % en 2022 et de +12,4 % en 2023 ; ceux de l’énergie ont bondi en 2022, 2023 et même 2024 (respectivement +15,3 %, +13,7 %, et +12,4 %) », détaillent les experts de l’Insee interrogés par La Tribune. Traditionnel moteur de la croissance française, la consommation a peu contribué à la croissance du produit intérieur brut (+0,2 point) l’année dernière.
La récente décision de la Banque centrale européenne (BCE) de relever ses taux pour contrer l’inflation pourrait asphyxier la croissance et la consommation déjà atones en 2026.