Le nouvel investissement du chimiste Syensqo à Saint-Fons (Lyon) lui permettra de se décarboner, mais aussi de répondre à des enjeux de flexibilité pour gérer ses pics de consommation.
Le chimiste belge Syensqo vient d’être sélectionné parmi les sept lauréats de l’appel “Grands projets industriels”. A ce titre, il recevra un soutien financier de l’Etat pour la décarbonation de son site de Saint-Fons dans la Vallée de la Chimie.
Parmi la liste des lauréats de l'appel d'offres « Grands projets industriels de décarbonation » lancé par l’Etat afin d’accompagner la décarbonation des sites les plus émetteurs de CO2 sans mettre à mal leur compétitivité, deux sites sont situés en région Auvergne-Rhône-Alpes : celui de Vicat à Montalieu-Vercieu et son projet XXL de captage et de stockage de CO2 et celui de Syensqo (ex-entité du groupe Solvay), à Saint-Fons.
Sur ce dernier, implanté dans la Vallée de la chimie, au sud de Lyon, le chimiste belge produit des produits chimiques à destination de diverses industries dont l'agroalimentaire, l'agriculture, la parfumerie, les industries pharmaceutiques ou encore les polymères. Lui aussi devra se conformer à l'objectif global du groupe : atteindre la neutralité carbone d'ici à 2040.
Une ambition qui a déjà fait l'objet de plusieurs mesures portant notamment sur l'efficience des procédés, et devrait franchir un nouveau cap d'ici 2029 grâce à la subvention que lui apportera l'Etat français.
Efficacité et mix énergétique au menu
Cette enveloppe, dont le montant n'est pas communiqué, servira à la deuxième phase du projet de Syensqo sur ce site, à savoir, remplacer deux chaudières fonctionnant au gaz naturel par une seule chaudière électrique. Un projet évalué à 20 millions d'euros et qui devrait permettre de réduire de 22kt les émissions de CO2 engendrées par les processus eux-mêmes et plus particulièrement la production de vapeur.
« 95% de l'énergie consommée sur le site sert à produire de la vapeur. On en consomme environ 500 000 tonnes par an sur le site pour chauffer nos procédés. Sa fabrication se fait majoritairement au gaz naturel avec des chaudières conventionnelles », détaille Arnaud Douet, directeur général du site de Saint-Fons.
Les contours du contrat avec Dalkia pour ce projet reste à préciser, tempère Arnaud Douet, notamment la répartition des subventions, les conditions d'opérations, etc. Mais Syensqo a déjà choisi la filiale d'EDF pour développer et opérer la première brique de sa stratégie, réfléchie dès 2019 et qui devrait entrer en service d'ici la fin de l'année : sa chaudière biomasse. Celle-ci fonctionnera grâce à du bois issu de déchets (chantiers, mobilier, particuliers, etc.) et dont l'approvisionnement sera régional.
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