Énergie : l'exécutif songe à s'attaquer au « tarif agent » des salariés d'EDF et Engie
latribune.fr

Un ingénieur EDF dans une centrale nucléaire française.
EDF
latribune.fr

Un ingénieur EDF dans une centrale nucléaire française.
EDF
Le gouvernement envisage réviser un avantage historique de la fonction publique de l’énergie. Sous la pression de la Cour des comptes, l’exécutif étudie un rabotage des réductions tarifaires sur le gaz et l’électricité dont bénéficient les salariés et retraités du secteur. L'annonce, formulée ce jeudi 9 juillet, ouvre un front social sensible en pleine période estivale caniculaire.
Ce traitement préférentiel, communément appelé « tarif agent », existe depuis 1946. Géré par l’Agence nationale de gestion des avantages en nature énergie (Angane) au sein d’Enedis et GRDF, il prend la forme d’une ristourne sur la facture d'énergie. Son montant varie selon la composition du foyer ainsi que le mode de chauffage, tout en restant soumis aux prélèvements sociaux comme la CSG et la CRDS.
Aujourd'hui, cet avantage ne cible pas uniquement les agents en activité. Il profite aussi aux retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF — incluant Engie, Enedis ou encore GRDF — ainsi qu'à des distributeurs locaux d’énergie.
L'initiative gouvernementale répond directement à une injonction de la Cour des comptes. Le ministère de l'Énergie a confirmé avoir reçu une mise en demeure de la Cour des comptes exigeant une mise en conformité sur la valorisation de l'écart entre ce tarif préférentiel et la valeur réelle de l'énergie sur le marché. « Lorsqu'une mise en demeure nous est adressée, nous devons y donner suite », a justifié une source gouvernementale.
La réforme se formalisera par le biais d’un arrêté ministériel. Pour l'heure, les curseurs exacts de la révision ne sont pas définitivement fixés. Le ministère de l’Énergie a précisé prendre « le temps nécessaire pour évaluer le montant exact » avant de soumettre le projet de texte à la consultation.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

L'enjeu est de taille pour l'exécutif, qui doit recalibrer un avantage en nature jugé trop déconnecté des prix réels de l'électricité et du gaz, sans pour autant déclencher un blocage généralisé des infrastructures.
La réaction syndicale ne s'est pas fait attendre. La Fédération nationale des mines et de l'énergie (FNME-CGT) a immédiatement publié un tract pour dénoncer un projet qualifié d'« inacceptable ». Pour l'organisation syndicale, la mesure dépasse le simple ajustement comptable.
Le syndicat critique également le calendrier choisi par le pouvoir, pointant du doigt une forme de cynisme managérial alors que les agents sont fortement sollicités sur le terrain.
La mise en consultation de l'arrêté ministériel constituera le prochain test majeur pour le gouvernement, qui devra mesurer le degré de résistance des salariés du secteur face à la révision de ce pilier de leur statut social.
(Avec AFP)
latribune.fr