Avec les tensions au Moyen-Orient, les plateformes de paris en ligne enregistrent des volumes records. Entre soupçons de délits d'initiés et refus de payer les paris liés à la mort de l'ayatollah Khamenei, ces marchés font face à une pression réglementaire accrue.Les informations à retenir
En résumé
Parier sur la guerre : l'éthique face au profit
Les volumes sur les frappes en Iran dépassent 500 millions de dollars, révélant une tension critique entre la précision prédictive de Polymarket et l'émergence de marchés de la mort jugés moralement déstabilisateurs.
L'annulation des gains par Kalshi et les soupçons de délits d'initiés identifiés par Bubblemaps soulignent l'urgence d'une régulation, alors que des sénateurs américains dénoncent une corruption potentielle au cœur même des cercles de décision gouvernementaux.
Ce pivot vers les risques géopolitiques interroge la survie du modèle face à l'offensive législative des démocrates, dont les détails sur l'interdiction des marchés « offshore » et « non réglementés » pourraient redéfinir l'accès futur aux plateformes de prédiction.
Avec les attaques américaines en Iran, les paris sur les plateformes Polymarket et Kalshi bondissent de nouveau. Polymarket propose plusieurs paris « tendances » sur le conflit au Moyen-Orient, comme « qui sera le prochain chef suprême de l’Iran ? », « Le régime iranien tombera-t-il d’ici au 30 juin ? » ou encore « Quand aura lieu la prochaine frappe ? ». Certains enjeux affichent déjà des volumes dépassant les 10 millions de dollars.
La popularité de ces nouveaux marchés suscite la polémique après les frappes américaines. L’une des dernières en date concerne Kalshi. La plateforme new-yorkaise de paris prédictifs propose également des paris sur la situation en Iran. Certains utilisateurs ont cru gagner 54 millions de dollars en pariant sur la mort de l'ayatollah Ali Khamenei. Mais ils ne verront jamais la couleur de cet argent.
La plateforme a promu ce pari samedi dernier sur son application. « ALERTE : les chances qu'Ali Khamenei soit destitué de son poste de Guide suprême ont grimpé à 68 % », a-t-elle publié sur les réseaux sociaux. Elle s’est ensuite rétractée, prétextant un énoncé « ambigu » après la confirmation du décès de l’ayatollah. Elle promet désormais de rembourser les pertes liées aux transactions effectuées.
« Nous ne répertorions pas les marchés directement liés à la mort. Lorsqu'il existe des marchés où les résultats potentiels impliquent la mort, nous élaborons des règles visant à empêcher les gens de tirer profit de la mort. C'est ce que nous avons fait ici », a clarifié Tarek Mansour, le PDG de la plateforme, sur X.