Dans l'industrie manufacturière, l'indice PMI suggère cependant une très légère progression de l'activité, à 50,2 en mars contre 50,1 en février. (photo d'illustration)
L'indice PMI Flash publié ce mardi par S&P Global a reculé à 48,3 en mars en France, après 49,9 en février, les entreprises faisant état d'« un affaiblissement de la demande » dû à « un ensemble de facteurs, notamment la guerre au Moyen-Orient ».
C'est sa plus forte contraction depuis octobre. L'activité du secteur privé en France a reculé à 48,3 en mars, après 49,9 en février, selon le baromètre PMI Flash publié mardi par S&P Global. Pour rappel, un chiffre situé sous la barre des 50 points signale une baisse de l'activité. Au-dessus de ce seuil, il reflète une expansion.
Les entreprises interrogées font état d'« un affaiblissement de la demande » dû à « un ensemble de facteurs, notamment la guerre au Moyen-Orient ». Elles ont souligné « l'augmentation de l'incertitude géopolitique et l'attentisme des clients sur les marchés intérieurs à l'approche des élections municipales », selon les auteurs. Par ailleurs, « l'inflation des coûts s'est fortement accélérée et a affiché son niveau le plus élevé depuis novembre 2023. Les prix facturés, en revanche, ont peu évolué », a ajouté S&P Global.
Perturbations des chaînes d'approvisionnement et hausse des coûts
La guerre déclenchée fin février par les attaques des États-Unis et d'Israël contre l'Iran a entraîné des perturbations des chaînes d'approvisionnement. Les quelque 800 entreprises interrogées entre le 12 et le 20 mars déplorent « le plus fort allongement des délais de livraison des fournisseurs depuis plus de trois ans », a relevé un économiste de S&P Global, Joe Hayes.
Par ailleurs, « la flambée des prix du pétrole et des produits pétroliers ainsi que la hausse du coût du carburant se sont traduites par la plus forte augmentation des prix payés par les entreprises depuis la fin de l'année 2023 », a ajouté cet économiste. L'attentisme a également prévalu pendant la campagne des élections municipales, qui se sont tenues les 15 et 22 mars.
« Les données du mois d'avril devraient fournir une meilleure indication de l'état réel de l'économie, mais pour l'heure, l'amorce de la reprise économique française semble s'être figée », selon Joe Hayes.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Dans les services, l'indice PMI Flash a reculé à 48,3 en mars, après 49,6 en février. Dans l'industrie manufacturière, il suggère cependant une très légère progression de l'activité, à 50,2 en mars contre 50,1 en février. L'indice de la production manufacturière montre un repli, à 48,5 en mars, après 51,6 en février.
La croissance de l'activité du secteur privé a également ralenti dans la zone euro en raison du conflit au Moyen-Orient, selon l'indice PMI Flash publié mardi par S&P Global. Ce baromètre, calculé sur la base de sondages auprès d'entreprises, est tombé à 50,5 points ce mois-ci, contre 51,9 points en février. Le PMI Flash est ainsi tombé à son niveau le plus faible depuis 10 mois, reflétant « un quasi-arrêt de la croissance de l'activité du secteur privé, sur fond de réduction des nouvelles commandes ».
Dans le détail, la croissance du secteur des services, qui est de très loin la principale composante du baromètre, est tombée quasiment à zéro, avec un indice tombé à 50,1 points. Parallèlement, celle de l'industrie a légèrement augmenté à 51,4 points, grâce à un rétablissement du secteur en Allemagne. De quoi alimenter les craintes d'une stagflation dans la zone euro (une stagnation de l'activité économique associée à une forte inflation), selon Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global.
« L'indice PMI flash de la zone euro sonne l'alarme en matière de stagflation, alors que la guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix en flèche tout en freinant la croissance », estime-t-il, soulignant que « les coûts des entreprises ont augmenté à leur rythme le plus rapide depuis plus de trois ans ».
Chris Williamson dit tabler désormais sur une croissance de 0,1 % seulement au premier trimestre, tandis que l'inflation pourrait se rapprocher de 3 %, de quoi compliquer fortement la tâche de la BCE qui va « devoir adopter une approche prudente en matière de politique monétaire, face au risque clair et croissant de stagflation dans les mois qui viennent ».