Croissance résiliente, investissements... les entreprises se détachent de l'instabilité politique
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Comme l'année 2025, 2026 va ainsi commencer sans que le Parlement se soit mis d'accord sur un budget.
LTD/Reuters
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Comme l'année 2025, 2026 va ainsi commencer sans que le Parlement se soit mis d'accord sur un budget.
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Les entreprises semblent peu à peu se détacher du contexte politique. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a souligné sur France Inter « une forme d’autonomisation de la vie économique par rapport à la vie politique ».
Comme l'année 2025, 2026 va ainsi commencer sans que le Parlement se soit mis d'accord sur un budget. Les premières semaines, au moins, seront régies par une loi spéciale adoptée mardi à l'unanimité par les deux chambres, permettant à l’État de lever les impôts et de payer les dépenses strictement nécessaires.
Pour autant, « le patient est résilient, a estimé François Villeroy de Galhau, et il faut donner un coup de chapeau au courage des entrepreneurs qui continuent à se battre et au courage des Français qui travaillent ». Le 19 décembre, la Banque de France a relevé ses prévisions de croissance à 0,9 % en 2025 et à 1% en 2026, contre 0,7 % et 0,9 % antérieurement.
« La croissance résiste », commente Anthony Morlet-Lavidalie, économiste pour la France de l'institut Rexecode, qui affiche les mêmes prévisions que la Banque de France pour 2025 et 2026. Il souligne « un investissement des entreprises qui surprend positivement ». Il redoute moins l'« incertitude économique et politique qui semble exercer un impact limité sur l'activité » que « des hausses de prélèvements susceptibles de peser sur leur compétitivité » dans le prochain budget.
Le président de la CPME Amir Reza-Tofighi affirme lui aussi que « les entrepreneurs ont pris du recul par rapport à tout ça, ils ont appris à faire avec » cette situation politique. Il évoque auprès de l'AFP, « une parole politique décrédibilisée », puisque, alors que l'ancien Premier ministre François Bayrou plaidait vigoureusement pour des baisses de dépenses publiques, « on ne parle plus à la fin que de hausse de la fiscalité », notamment des entreprises.
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Amir Reza-Tofighi « ne pense pas qu'on aura une crise économique ». Selon lui, la situation des entreprises « n'est pas noire ou blanche » actuellement, même s'il y a « un ralentissement, certains investissements ou embauches décalés ».
Certes, le METI (mouvement des entreprises de taille intermédiaire) soulignait il y a deux semaines une hausse de l'inquiétude parmi ses adhérents, 54,4 % se disant inquiets pour leur entreprise dans les six prochains mois, et beaucoup soulignant des risques de contagion de cette situation aux recrutements. Mais, si les chiffres d'affaires des ETI interrogées sont en baisse, pour 36,8 % d'entre elles sur un an en fin d'année (un point de plus qu'en septembre), ils augmentent parallèlement pour 38,6 % (contre 33 % en septembre).
Du côté de l'Institut national de la statistique (Insee), l'indicateur du climat des affaires s'est redressé d'un point pour le troisième mois consécutif, se situant juste sous sa moyenne de longue période, et au plus haut depuis juin 2024 - le mois de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron.
L'indice PMI Flash publié par S&P Global et la banque HCOB, a montré pour sa part une très légère expansion de l'activité du secteur privé pour le deuxième mois consécutif, après quatorze mois ininterrompus de contraction.
Pas de quoi pavoiser pour autant, a nuancé François Villeroy de Galhau. Les légères révisions à la hausse de la Banque de France tiennent « aux surprises favorables sur l'activité », notamment une inattendue croissance de 0,5 % au troisième trimestre. Le gouverneur de la Banque centrale a par ailleurs remarqué « une faiblesse de la croissance dans toute l'Europe qu'il va falloir traiter ». Il anticipe que « l'incertitude économique et budgétaire coûtera au moins 0,2 point de croissance » à la France.
Pour 47 % des Français, en tout cas, l'instabilité politique en France a été l'événement le plus marquant de 2025 selon un sondage Odoxa-Backbone publié jeudi par Le Figaro.
Cette situation politique intérieure devance, dans ce sondage, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et les problèmes de pouvoir d'achat, chacun avec 40%, puis la poursuite des conflits en Ukraine (33 %) et à Gaza (27 %).
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Pour 2026, les Français interrogés disent que leurs souhaits prioritaires sont l'augmentation du pouvoir d'achat (43 %), la diminution de la délinquance et de l'insécurité (42 %), la réduction de l'immigration (35 %), la diminution de la pauvreté (31 %), la baisse des impôts (27 %).
(Avec AFP)
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