Une enquête du Financial Times révèle qu’au moins 30 entreprises ou individus ayant versé plus de 116 millions de dollars aux causes de Donald Trump ont obtenu des avantages directs ou des changements de politique. Cette corrélation troublante, parfois observée quelques jours seulement après les versements, installe une culture de « transactionnalité ouverte » inédite par son ampleur, selon des experts en éthique.Plus de 116 millions de dollars : c’est le montant total des contributions versées aux causes de Donald Trump par les 30 donateurs qui ont obtenu, dans un laps de temps suspect, des faveurs directes de la Maison-Blanche, selon une enquête du Financial Times. Ce n’est plus simplement de l’influence, estime le journal londonien, c’est un véritable mécanisme de retour sur investissement. Les faveurs obtenues prennent la forme de grâces présidentielles, de suspensions d’enquêtes fédérales ou de revirements stratégiques sur des législations clés. Si aucune preuve de corruption légale n’est avancée, le volume des transactions installe une culture de l’échange inédite.
Pour Bob Bauer, ancien conseiller juridique sous Barack Obama, cité par le quotidien, « ce qui est unique dans cette présidence, c’est la transactionnalité ouverte qui caractérise le style de gouvernance de Donald Trump ». Et l’argent ne cesse d’affluer : sur les 116,8 millions de dollars identifiés, plus de 92,5 millions de dollars ont été versés après la réélection en novembre 2024, principalement via le Super Pac Maga Inc, qui a déjà levé au total près de 200 millions de dollars au premier semestre 2025.
L’écosystème crypto sanctuarisé
Le secteur de la cryptomonnaie, autrefois cible de mises en garde de Trump sur sa propension à faciliter les « comportements illicites », est devenu le cas d’école de cette nouvelle ère transactionnelle. Après avoir promis de faire des États-Unis la « capitale mondiale de la crypto », le Président a mis en place un régime réglementaire allégé dès sa prise de fonction. La division chargée de l’application de la loi sur les cryptomonnaies au ministère de la Justice a été démantelée, préconisant l’application du droit par des régulateurs comme la SEC « en dehors du cadre punitif de la justice pénale ».
Un mouvement structurant fut la nomination de Paul Atkins, un partisan de la crypto, à la tête de la SEC (Securities and Exchange Commission). Cette nomination a immédiatement conduit au démantèlement de l’agenda réglementaire et d’application agressive de son prédécesseur, Gary Gensler.