Le président américain Donald Trump a violemment relancé vendredi son offensive commerciale contre la Chine, en représailles contre des restrictions décidées par Pékin dans le secteur très stratégique des terres rares. Cela pourrait amener certains droits de douane à 150 %, voire 200 % selon les secteurs.
C’est la fin d’une période de relative détente entre Pékin et Washington. Vendredi soir, Donald Trump a violemment relancé son offensive commerciale contre la Chine, en représailles contre des restrictions décidées par Pékin sur l’exportation des technologies liées à l’extraction et la production des terres rares, dont il est le premier producteur mondial. Alors que les Etats-Unis dépendent de ces matériaux, composants clés des voitures, des smartphones et de nombreux autres produits industriels, le locataire de la Maison-Blanche a dénoncé une « posture commerciale extraordinairement agressive », qui l’a « surpris ».
Par conséquent, il a annoncé sur son réseau Truth Social que son pays frapperait les marchandises chinoises de droits de douane supplémentaires de 100 %, s'ajoutant à ceux déjà en vigueur, à partir du 1er novembre « ou avant ».
S'ajouter aux taux préexistants
Selon un responsable de la Maison Blanche, ce taux vient s'ajouter aux 30 % déjà appliqués à l'ensemble des produits chinois depuis mai dernier ainsi qu'aux taux appliqués à certains secteurs spécifiques, comme l'acier et l'aluminium, le cuivre, les produits pharmaceutiques ou encore l'ameublement, notamment.
Cela pourrait amener certains droits de douane à 150 %, voire 200 % selon les secteurs, qui pourraient dans certains cas encore s'ajouter aux taux préexistants au retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Il a également indiqué que des restrictions sur l'exportation de « tous les logiciels stratégiques » vers la Chine s'appliqueraient à la même date.
Fin d'une accalmie relative
Sous l'effet de l'offensive protectionniste déclenchée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir le 20 janvier, les droits de douane entre les deux pays ont atteint des niveaux trois fois supérieurs à la normale des deux côtés, perturbant les chaînes d'approvisionnement.
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Pourtant, les relations commerciales sino-américaines, qui ont connu des hauts et des bas en 2025, connaissaient ces dernières semaines une accalmie précaire. Washington et Pékin avaient conclu un accord visant à désamorcer les tensions, abaissant temporairement les droits de douane à 30% pour les produits chinois importés aux Etats-Unis et à 10% pour les biens américains importés en Chine. La trêve commerciale qui a volé en éclats vendredi devait durer jusqu'au 10 novembre.
Donald Trump avait eu d'ailleurs échangé septembre avec Xi Jinping, et qualifié la conversation de « très productive », la troisième depuis le début de l'année. Satisfait des discussions sur un autre dossier très sensible, à savoir l'avenir aux Etats-Unis de la plate-forme TikTok, il avait même évoqué un voyage en Chine l'année prochaine ainsi qu'une visite de son homologue en Amérique.
Mais vendredi, Donald Trump a déclaré, toujours sur Truth Social, qu'il n'y avait « plus de raison » valable de rencontrer comme prévu son homologue chinois Xi Jinping dans deux semaines, en raison de l'attitude devenue « très hostile » de la Chine. « Il n'est pas possible que la Chine soit autorisée à tenir le monde +en otage+ mais cela semble être leur projet depuis un moment », a-t-il jugé.
« Je devais rencontrer le président Xi dans deux semaines au sommet de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) en Corée du Sud mais il ne semble plus y avoir de raison » pour le faire, a encore écrit le dirigeant républicain.
Il a ensuite déclaré qu'il ne l'avait pas annulée, mais qu'il ignorait « qu'elle allait avoir lieu ». « Je serai là quoi qu'il arrive », a-t-il déclaré aux journalistes à la Maison Blanche.
Droits « spéciaux » aux bateaux américains
Autre accrochage commercial, la Chine a ouvert une enquête de monopole sur l'entreprise technologique américaine Qualcomm, ce qui pourrait retarder son acquisition d'un autre fabricant de puces. Bien que Qualcomm soit basé aux États-Unis, une part importante de ses activités est concentrée en Chine.
Par ailleurs, Pékin a annoncé vendredi qu'elle allait imposer des droits « spéciaux » aux bateaux américains dans ses ports, en représailles à des mesures similaires prises en avril par Washington. Les Etats-Unis ont de leur côté dit avoir retiré des « millions » de références de produits chinois interdits des plateformes de commerce électronique.
La bourse dévisse
Sans surprise, la Bourse de New York a été plombée par cette reprise des hostilités. Elle a clôturé franchement dans le rouge, avant même l'annonce des droits de douane supplémentaires par le président américain.
Le Dow Jones a glissé de 1,90 %, l'indice Nasdaq a reculé de 3,56 % et l'indice élargi S&P 500 a lâché 2,71 %, sa plus forte chute depuis avril, effaçant tous ses gains des deux dernières semaines.