Les marques du groupe Brandt ne vont pas disparaître du paysage mais risquent de ne plus être fabriquées en France.
GS - AFP - AFP or licensors - GUILLAUME SOUVANT
Quel que soit l’avenir du fleuron français de l'électroménager Brandt, liquidé le 11 décembre dernier - mais que l’Etat semble déterminé à sauver -, ses quatre marques ne disparaîtront pas des radars des consommateurs. Voici pourquoi.
Brandt, Sauter, Vedette et De Dietrich : les derniers emblèmes nationaux du gros électroménager ne vont pas s’effacer dans la foulée de la liquidation du groupe Brandt, prononcée par le tribunal des activités économiques de Nanterre jeudi 11 décembre.
Datant du début du XXe siècle pour les plus anciennes, Brandt, Sauter et De Dietrich, et de 1954 pour Vedette, elles ont été rachetées par le groupe espagnol Fagor Brandt en 2005. Neuf ans plus tard, en 2014, lui-même a été cédé au conglomérat algérien Cevital.
Ainsi, Cevital restera non seulement propriétaire des marques mais continuera encore à les utiliser, si aucune solution de continuité n’est finalement trouvée pour les sites de Vendôme dans le Loir-et-Cher et de Saint-Jean de la Ruelle près d’Orléans dans le Loiret.
Dans les faits, la majeure partie de l’électroménager fabriqué sous ses quatre marques par le groupe Brandt, notamment les réfrigérateurs et les machines à laver, l’est déjà hors de France, dans ses usines de Sétif en Algérie, ainsi que dans ses autres sites basés en Espagne et... en Chine. Seuls les fours, cuisinières et les plaques à induction sortent actuellement des lignes de productions présentes en Centre-Val de Loire. Ils continueront donc à être produits sous leurs marques, mais hors d’Europe.
Maigre consolation
« Les consommateurs français auront ainsi la (fausse) impression de continuer à acheter des produits fabriqués dans l’Hexagone, précise Yves Jégo, porte-parole de la certification Origine France Garantie et porte drapeau du Made in France. Si conserver en vie ces marques, qui appartiennent à l’imaginaire et au patrimoine national, est une maigre consolation, poursuivre leur fabrication en Centre-Val de Loire serait évidemment bien plus appréciable ».
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
L’ancien secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy, qui a conservé ses entrées à Bercy, confirme à cet égard que, les conseillers du ministère dirigé par Roland Lescure et Sébastien Martin, réfléchissent à une solution de continuation pour Brandt en France, nonobstant la liquidation prononcée. Vu l’émoi causé dans l’opinion, le gouvernement tente ainsi d’inverser à tout prix un signe aussi négatif à deux semaines de Noël.