Électroménager : Brandt liquidé, 700 emplois supprimés

Brandt fera désormais partie de l’histoire de l’industrie française.
GS - AFP - AFP or licensors - GUILLAUME SOUVANT

Brandt fera désormais partie de l’histoire de l’industrie française.
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C’est un nouveau et énorme coup dur pour l’industrie française ! Le tribunal des affaires économiques de Nanterre vient de prononcer la liquidation judiciaire pure et simple du groupe Brandt, ce jeudi 11 décembre. Cette décision à l’encontre d’un des derniers champions français de l’électroménager entraîne la suppression de 700 emplois industriels dans le pays.
Depuis le début du mois d'octobre, le groupe Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, était en redressement judiciaire. Initialement, cette mesure avait été enclenchée pour permettre de manière anticipée l'arrivée d'un nouvel actionnaire afin de relancer l'activité du dernier fabricant de gros électroménager français au chiffre d'affaires de 260 millions d'euros. Faute de proposition crédible, un projet de reprise par les salariés en Scop a été monté, avec le soutien financier inédit de l'État et une partie des syndicats.
Seulement, bien que ce projet avait aussi obtenu le soutien financier des collectivités locales il ne permettait de sauver qu'environ 350 collaborateurs et les deux usines de l'entreprise situées près d’Orléans, dans le Loiret, et à Vendôme, dans le Loir-et-Cher.
Dans la réalité, la donne était toute autre. Si Bercy a tout tenté pour convaincre les banques, les différentes négociations n'ont pas permis de déboucher sur une offre concrète de l'une d'entre elles. « Aucune ne s'est engagée de manière franche avec une somme sonnante et trébuchante », glisse un fin connaisseur du dossier. Selon nos informations, seule la banque Crédit Agricole s'est dite prête à soutenir la Scop Brandt... si quatre autres banques venaient avec elle. « L'État et les collectivités ont mouillé la chemise dans ce dossier, mais pourtant elles ne sont jamais arrivées », constate cette même source.
Cela n'était certainement pas assez pour convaincre la juridiction, qui a donc fait le choix de ne pas donner suite au projet de Scop. Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, et Roland Lescure, ministre de l’Économie, ont réagi en évoquant « une profonde tristesse » devant la disparition d'un nouvel industriel tricolore.
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Selon plusieurs sources, 20 à 25 millions d'euros étaient nécessaires pour relancer la production de Brandt. Et après le soutien annoncé de la Région île-de-France d'un million d'euros à ce projet de Scop, la somme totale rassemblée atteignait pourtant les 20 millions d'euros quasiment. De fait, Sébastien Martin ne cache pas son « incompréhension » face à la décision du tribunal des affaires économiques (TAE) de Nanterre.
« Il nous manquait quatre millions » pour empêcher cette marque de disparaître, a pesté auprès de l'AFP Serge Grouard, le président de la métropole d'Orléans, fustigeant un « manque de temps » pour convaincre les banques de la viabilité du projet.
La liquidation entraîne la disparition des rayons des produits Brandt, mais aussi des marques telles que Vedette, Sauter et De Dietrich. Des marques dont les ventes ont été affectées depuis un certain temps par la crise de l'immobilier. L'industriel français a enregistré en 2024 un nouveau recul de ventes (-3,9 %), après avoir déjà baissé en 2023.
Le président de la Région Centre-Val-de-Loire, François Bonneau (PS), a prévu de se rendre sur place ce jeudi après-midi. Quant au ministre de l'Industrie, il prévoit de réunir l'ensemble des élus locaux pour évoquer la suite. Sans plus attendre, la Région Ile-de-France va elle agir sur l'immobilier. « Valérie Pécresse mandate la SEM investissements et territoires pour rassembler autour d'elle un pool de partenaires engagés autour de la reprise du foncier et de l'immobilier » a fait savoir la collectivité.