« L'expansion en K » : une expression clé pour comprendre 2026
latribune.fr
Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, tient une puce Rubin et une puce Vera, qui font partie du superordinateur IA Nvidia Vera Rubin NVL72, lors d'une présentation Nvidia au CES 2026.
Dans ses perspectives pour le premier trimestre 2026, la banque HSBC anticipe une expansion mondiale à deux vitesses. Tandis que les investissements dans l'intelligence artificielle soutiennent la croissance et les marchés boursiers, les secteurs traditionnels stagnent. Cette divergence structurelle fragilise la résilience de l'économie globale.
Le mot : « Expansion en K ». Dans son étude sur les perspectives économiques pour le premier trimestre 2026, la banque HSBC prévoit « une expansion dite en "K", où les trajectoires divergent radicalement. D'un côté, les entreprises, principalement américaines, investissent massivement dans les infrastructures technologiques liées à l'IA, délaissant presque tout le reste. De l'autre, les investissements dans les secteurs traditionnels restent atones. »
L'expression « expansion en K » n’est pas neuve, mais elle prend une dimension spectaculaire. Contrairement à une reprise classique en « V » ou en « U », la trajectoire en « K » décrit une divergence brutale : la branche ascendante représente les secteurs et populations qui captent la croissance, tandis que la branche descendante illustre le déclin ou la stagnation du reste de l’économie.
Une base fragile. Aujourd’hui, le pivot de ce « K » est sans conteste l’intelligence artificielle. D’un côté, une poignée de géants technologiques — principalement américains — et des exportateurs asiatiques de composants stratégiques voient leurs carnets de commandes et leurs valorisations boursières exploser. De l’autre, les investissements dans les secteurs industriels traditionnels restent atones, pénalisés par le coût de la dette et une démographie vieillissante.
Cette déconnexion est aussi sociale. Aux États-Unis, les ménages les plus aisés bénéficient d’un « effet de richesse » massif grâce à leurs portefeuilles d'actions technologiques, ce qui soutient artificiellement la consommation globale. Janet Henry, économiste en chef chez HSBC, souligne d'ailleurs que cette résilience mondiale repose sur des bases fragiles car « les forces motrices sont particulièrement étroites » et dépendent quasi exclusivement de l'écosystème technologique.
Le risque de la chute. L’enjeu réside dans la pérennité de cette branche ascendante. Si l’IA s’avère être une bulle financière plutôt qu’une révolution immédiate de la productivité, le retour de bâton sera sévère. Une correction brutale des marchés toucherait de plein fouet les seniors dont le patrimoine est le plus exposé, provoquant une chute en cascade de la demande mondiale.
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En somme, l’expansion en « K » nous place devant un paradoxe : une croissance mondiale qui s'affiche à 2,7 % en apparence, mais qui masque une vulnérabilité structurelle inédite et une déconnexion croissante entre les gagnants de la tech et le reste du monde.
Ce qu'il faut retenir Divergence structurelle : L'économie mondiale se fragmente entre les secteurs portés par l'IA et l'industrie classique, créant deux trajectoires opposées. Effet de richesse : La consommation globale est aujourd'hui portée par les gains boursiers des ménages aisés, rendant l'économie très sensible à la santé des marchés actions. Vigilance sur la bulle : Une erreur de pilotage des banques centrales ou une déception sur la rentabilité réelle de l'IA pourrait briser la branche ascendante du « K ».