Selon la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), la perte de biodiversité menace la viabilité économique des entreprises. Mais l’enjeu semble encore largement ignoré par ces dernières. Explications.« Les entreprises peuvent soit mener une transformation radicale, soit risquer de disparaître ». Le message est direct et il est porté par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Dans un rapport fouillé, fruit de trois ans de travail, l’organisation détaille comment le monde économique impacte négativement la biodiversité, et ce faisant, se met lui-même en péril.
Réalité souvent invisible aux yeux de nombreux décideurs, la biodiversité rend ce que les experts appellent des « services écosystémiques », vitaux au bon fonctionnement de l’économie mondiale (régulation des températures, qualité de l’eau et purification de l’air, énergie, fertilité des sols, etc.). Selon l’OCDE et le World Economic Forum (WEF), pas moins de 44 000 milliards de dollars, soit plus de 50 % du PIB du globe, provient d’activités dépendantes de la nature.
« Un risque systémique critique »
« La croissance de l’économie mondiale s’est faite au prix d’une perte immense de biodiversité, qui représente désormais un risque systémique critique et généralisé pour l’économie, la stabilité financière et le bien-être humain », déplore l’IPBES, qui a mobilisé durant trois ans 79 experts du monde scientifique mais aussi issus des entreprises, think tank et ONG.
Ce constat, Théophile Bellouard, vice-président d’Altitude, une entreprise française spécialiste du risque climatique pour les gestionnaires de fonds, le partage. « Oui, aujourd’hui, il y a une prise de conscience de l’interdépendance entre biodiversité et business. La dégradation de la nature touche tous les secteurs ». Et d’ajouter : « Par exemple, le manque de ressources en eau peut impacter très concrètement un site industriel. »