DÉCRYPTAGE. Face à l’augmentation des catastrophes naturelles et au durcissement des normes, la mesure de l’impact économique du climat devient un secteur stratégique pour la finance. L’enjeu est désormais d’intégrer les risques physiques et de transition au cœur des modèles de solvabilité.L’analyse du risque climatique n’est plus cantonnée aux annexes des rapports financiers des entreprises et des gestionnaires d’actifs. Et ce, malgré le « retour de bâton écologique » nourri par certains leaders politiques, comme le président américain Donald Trump, climatosceptique assumé.
Ce nouveau marché prend de l’ampleur car il répond à un besoin économique très concret. En s’appuyant sur des données climatiques et leur modélisation, la mesure du risque climat parvient à traduire des phénomènes physiques en impacts économiques et financiers.
Selon une étude du cabinet indien HTF Market Intelligence, le marché mondial des solutions d’analyse du risque climatique était estimé à environ 4,9 milliards de dollars en 2025, avec une projection à plus de 12 milliards de dollars d’ici 2033. Cela représente un taux de croissance annuel moyen proche de 18 %. Mais le marché reste fragmenté, avec des méthodologies encore hétérogènes et un débat persistant sur la comparabilité des résultats.
Deux grandes familles de risque climatique
Il existe deux catégories de risques financiers liés à la dégradation du climat. Premièrement, les risques physiques, liés aux impacts directs des événements extrêmes (inondations, sécheresses, canicules, tempêtes) sur les actifs, les chaînes de valeur et, in fine, la productivité des entreprises. Selon une étude de l’assureur Munich Re, en 2025, les pertes économiques mondiales liées aux catastrophes naturelles se sont élevées à environ 224 milliards de dollars.