Un entrepreneur sur quatre veut redevenir salarié par souci financier

Près d’un tiers des sondés se disent inquiets en raison de l’irrégularité de leurs revenus(photo d'illustration).
Aristal, Pixabay

Près d’un tiers des sondés se disent inquiets en raison de l’irrégularité de leurs revenus(photo d'illustration).
Aristal, Pixabay
Un paradoxe inédit : La France a atteint un sommet historique avec 1,16 million de créations d'entreprises en 2025, tous statuts confondus.
L'appel du salariat : Près de 25 % des entrepreneurs français songent à redevenir salariés d'ici deux ans, un taux bien plus élevé que chez nos voisins européens.
Le poids de la gestion : Si l'entrée dans l'entrepreneuriat est fluide, la complexité administrative et l'irrégularité des revenus restent les principaux obstacles à la pérennité des projets.
Jamais la France n’a enregistré autant de créations d’entreprise. Plus de 1,16 million ont été créées en 2025, selon les chiffres de l’Insee, un record tous statuts confondus. Paradoxalement, près d’un entrepreneur sur quatre (24,5 %) envisage de revenir au salariat d’ici 2027, d’après une étude dévoilée ce mardi, réalisée par l’institut Appinio pour le compte de Qonto, entreprise spécialisée dans la gestion financière.
Cette proportion se révèle bien supérieure à la moyenne européenne (un entrepreneur européen sur six, soit 16 %). Dans le détail, ils sont 16 % à l’envisager en Italie, 15 % en Espagne et 8,5 % en Allemagne.
« Les entrepreneurs n’abandonnent pas par manque d’envie. Ils abandonnent quand la gestion financière devient trop lourde à porter au quotidien », explique Alexandre Prot, cofondateur et directeur général de Qonto, cité dans un communiqué. Et d’ajouter : « Notre conviction est que la pérennité des TPE françaises passe par une simplification de leur gestion pour redonner de la clarté, du temps et de la sérénité à celles et ceux qui entreprennent. »
Les préoccupations des entrepreneurs au quotidien sont avant tout d’ordre financier. Près d’un tiers des sondés de l’étude (32,5 %) se disent inquiets en raison de l’irrégularité de leurs revenus. Et placent parmi leurs principaux défis l’acquisition de clients, la trésorerie et la gestion administrative.

« Si la France a su simplifier radicalement l’acte de création, alimentant un sentiment de fluidité à l'entrée, la gestion dans la durée reste une épreuve d'endurance. Une réalité d'autant plus rude qu'elle frappe des entrepreneurs qui se lancent souvent par choix de vie, en quête d'une stabilité et d'un équilibre que la pression administrative et commerciale peine à leur offrir », souligne l’étude.
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Il ressort aussi que les entrepreneurs français, bien qu’ils apprécient leur liberté, regrettent certains attributs du salariat. À commencer par la stabilité financière : 29 % souhaiteraient des revenus plus prévisibles. Suit ensuite la réduction de l’administratif (20 %), les avantages du salariat (20 %) ou encore la simplification fiscale et réglementaire (12 %).
Il n’empêche que les trois quarts des entrepreneurs français veulent rester à leur compte. Ce qui n’est pas si étonnant puisque la très grande majorité s'est lancée dans l’entrepreneuriat par choix. 96 % des personnes interrogées dans le cadre de l’étude Qonto citent en effet au moins un facteur positif qui a motivé leur décision (plus d’autonomie, de liberté créative, de flexibilité…). Contre 23 % qui évoquent une contrainte subie, comme une perte d’emploi ou une mauvaise expérience salariale.
Ce qui incite le plus les aspirants à l’entrepreneuriat en France est la quête d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle (36 % des sondés). À rebours de l’Espagne, où l’entrepreneuriat découle souvent d’une nécessité économique, ou de l’Allemagne, où il est mu par l’autonomie créative. « L’entrepreneur français cherche avant tout à reprendre la maîtrise de son temps et de ses choix », est-il précisé. Tant que les finances suivent.