Après le tollé suscité par son partenariat avec Shein, la Société des Grands Magasins (SGM) perd un soutien de taille. La Banque des territoires, avec qui elle négociait depuis juin dernier, renonce à la soutenir dans le cadre du rachat des murs du BHV.L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans le paysage de la mode ce 1er octobre, le propriétaire de la Société des Grands Magasins (SGM), Frédéric Merlin, a annoncé que l'enseigne d’ultra fast fashion Shein ouvrirait des corners dans le célèbre Bazar de l’Hôtel de Ville (Paris) ainsi que dans cinq magasins Galeries Lafayette en régions.
Fustigé par de nombreux acteurs du secteur, le jeune trentenaire lyonnais a aussi essuyé les foudres du monde politique et de la Caisse des Dépôts. Le 2 octobre dernier, celle-ci avait indiqué à l’AFP, « ne pas cautionner » ce rapprochement. Elle le confirme ce 8 octobre, via la direction de la Banque des territoires qui explique renoncer à « la création d'une foncière commune pour le rachat des murs » de l'emblématique BHV, qui sont détenus par les Galeries Lafayette et évalués à 300 millions d'euros selon le magazine Challenges.
La Banque des territoires « trahie »
Car en novembre 2023, la Société des Grands Magasins avait uniquement fait l’acquisition du fonds de commerce du BHV, détenu par les Galeries Lafayette, les murs étant eux, évalués à 300 millions d’euros par le magazine Challenges. Depuis deux ans, leur rachat patinait. Mais le démarrage de négociations avec la Banque des territoires, en juin dernier, laissait penser à une issue favorable du projet. Une voie qui vient se fermer pour Frédéric Merlin.
« La Banque des territoires a pris connaissance de ce partenariat par voie de presse, sans aucune information préalable, entraînant en conséquence une rupture de confiance entre les deux parties », a regretté l'entité publique dans un communiqué transmis mercredi à l'AFP et annonçant « la fin des négociations avec la SGM ».
De son côté, Frédéric Merlin, qui défendait ce partenariat sur BFM TV début octobre, conforte sa position, critiquant la décision de la CDC, sous pression selon lui. « La CDC est un partenaire qui a subi de fortes pressions à la suite de l'annonce du partenariat » et « a cédé aux pressions politiques. Ils en tireront les conséquences », a affirmé la SGM.