Le nouveau yaourt sans lactose, aux probiotiques, lancé par la marque Malo fait partie des marchés à forte valeur ajoutée que la laiterie cherche à conquérir.
Anticipant une surproduction de produits laitiers en 2026 et des exportations plus complexes vers la Chine et les États-Unis, le groupe Sill Entreprises opère un virage. Sa laiterie Malo prévoit de remplacer la vente d’une partie de sa poudre de lait par le lancement de produits de niche à forte valeur ajoutée.
Pourle groupe agroalimentaire breton Sill Entreprises, le vote de l’accord commercial du Mercosur par l’Union européenne, n’offre pas de perspectives spécifiques en termes d’export. L’Amérique latine, grande terre d’élevage et de production laitière, ne représente pas un marché de conquête pour la poudre de lait française produite par ce fleuron industriel familial.
Au contraire, le groupe, présent sur les segments des produits laitiers frais (Malo, Le Gall), de la nutrition et des ingrédients, des jus et potages (La Potagère, Knorr rachetée en 2024) et des produits surgelés (Primel, Terres d’embruns) anticipe même en 2026 une « forme de surproduction de produits laitiers » en raison d’une capacité à exporter qui se complexifie.
Le groupe fait donc évoluer sa stratégie pour se concentrer sur des niches de marché à forte valeur ajoutée plutôt que sur les « commodités ». Leader de la poudre de lait en Europe pour les chocolatiers, sa filiale Malo s’apprête à lancer une nouvelle gamme de produits protéinés.
Un Skyr Malo en rayon en juin 2026
« Cousine germaine du beurre, la poudre de lait, est fondamentalement la base de l’industrie laitière mondiale, c’est une commodité avec un cours mondial qui influe sur celui du lait. Nos grands marchés se situent plutôt sur le continent asiatique, au Moyen-Orient, en Afrique, voire aux États-Unis et historiquement en Chine, deux pays où les droits de douane explosent », détaille Sébastien Floc’h, directeur général de Sill Entreprises.
Alors que la Chine a indiqué relever ses taxes sur certains produits laitiers européens, avec des surtaxes provisoires pouvant passer de 21 % à plus de 42 % sur certains produits, les volumes exportés par les industriels « risquent de revenir sur le marché français », prévoit-il.
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Le dirigeant dont le groupe affiche un chiffre d’affaires de 650 millions d’euros, dont 100 millions d’euros à l’international (1 700 collaborateurs, dix sites en Bretagne, 600 producteurs laitiers), s’est exprimé vendredi 9 janvier en marge de la remise des prix de la meilleure nouveauté par l'association Produit en Bretagne. Avec son nouveau yaourt sans lactose, aux probiotiques, Laiterie Malo fait partie des quatre lauréats 2026.