Les espoirs d'un rebond ne se seront finalement pas confirmés en 2025. Dans la capitale des Gaules, l'immobilier d'entreprise se replie au premier semestre face à un manque de visibilité qui pourrait se découvrir l'an prochain.
Entre les taxes Trump, l'abaissement de la note de la France et les soubresauts politiques (dissolution, démission du gouvernement), se projeter dans l'avenir est devenu un exercice périlleux. Une incertitude qui pousse de nombreuses entreprises à jouer la carte de la prudence et réduire ou repousser leurs investissements.
A Lyon, les six premiers mois de l'année confirment l'apathie du marché locatif de l'immobilier de bureaux. Avec 226 opérations pour 100.500 m2 commercialisés, le premier semestre 2025 s'inscrit en baisse de 14% par rapport à 2024, et de 23% par rapport à la moyenne décennale, met en perspective Stéphane Jullien, directeur département bureaux JLL Lyon.
Ce ralentissement touche surtout les petites et les grandes surfaces alors que le marché intermédiaire 1.000 - 3.000 m2 conserve l'intérêt des entreprises. « Aucune surface de plus de 5.300 m2 n'a été placée. Les transactions liées aux grandes surfaces vont manquer à la fin de l'année », se projette déjà le directeur de JLL, qui ne perçoit aucun rebond d'ici à fin décembre.
« Nous avons beaucoup de dossiers qui ont été initiés puis gelés en septembre avec la démission du gouvernement », confie Antoine Rudigoz, directeur immobilier chez Rudigoz & Associés. Ce dernier évoque « une crise multifactorielle, qui n'est pas dramatique. »
Répondre aux besoins essentiels
Confrontée à l'incertitude, les entreprises préfèrent se montrer prudentes, en optant pour un réaménagement des espaces plutôt qu'un déménagement, souligne Magali Marton, directrice Etudes et Recherches chez Knight Frank. Une solution permise par le développement fort du télétravail et du flex office, qui permet d'accueillir plus de collaborateurs sur une même surface.
Mais l'heure de la régulation a sonné, chez les grands groupes comme les TPE, constate Stéphane Jullien. Si le télétravail n'a pas vocation à disparaître demain, il pourrait contribuer à relancer une partie de la demande : car faire revenir les salariés au bureau nécessite de leur offrir un environnement attractif.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.