Crise du logement : « Soyons plus pragmatiques que politiques ! » Maider Arosteguy, maire de Biarritz
latribune.fr
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Maider Arosteguy, maire (LR) de Biarritz
Delphine de Castelbajac Photographe Biarritz BD
latribune.fr
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Maider Arosteguy, maire (LR) de Biarritz
Delphine de Castelbajac Photographe Biarritz BD
LA TRIBUNE - Pourquoi avez-vous pris la parole à ce premier congrès international du logement organisé au Pays basque espagnol ?
Maider AROSTEGUY - Je salue cette initiative du gouvernement basque. Depuis le Covid et l’arrivée des plateformes de location, le logement est devenu dans toutes les grandes villes d’Europe, que ce soit à Barcelone, à Florence ou à Amsterdam, et même dans le monde, comme nous l’avons vu lors de la campagne du nouveau maire de New York, un sujet prégnant. Nous avons réussi à ce que l’on ne meurt plus de faim en Europe, mais nous n’arrivons pas à loger tout le monde. Ce sujet doit transcender les clivages politiques, nous devons trouver des solutions consensuelles.
Le logement est un sujet particulièrement tendu dans votre ville. Pouvez-vous décrire la situation ?
Malgré les effets d’annonce, on continue à ne pas mettre à disposition des maires des solutions adaptées à leurs territoires. Nous avons en permanence des injonctions contradictoires : on nous demande de construire plus, mais aussi de respecter la loi ZAN (zéro artificialisation nette) et de préserver les sols, ce qui est par ailleurs vertueux. On nous demande de densifier et de revenir à des constructions en hauteur, mas la population n’en veut pas et fait des recours.
Mais il faut construire, notamment du logement social, car les besoins sont réels : 80 % des Biarrots et Biarrotes appartiennent à la classe moyenne. Les policiers, les aides à domicile, les infirmières, les professeurs, mais aussi toutes ces nouvelles familles monoparentales et les personnes âgées aux petites retraites ne peuvent plus se loger et sont contraints de faire la route voire de dormir dans leurs voitures.
Est-ce que vous accusez les plateformes de location ?
Je ne suis pas contre les plateformes, qui permettent aux propriétaires de constituer un complément de retraite ou d’entretenir leurs biens et nous permettent d’accueillir les touristes, mais je lutte contre leur effet néfaste d’accélération sociétale dans ma ville. Je veux sensibiliser celles et ceux qui ne jurent que par la location courte durée que cela revient à se tirer une balle dans le pied car cela contribue à exclure ces acteurs du service public.
latribune.fr