Alors que le budget de la Sécurité sociale est étudié en commission dès ce lundi, plusieurs mesures semblent impossibles à faire passer.C’est le point de départ d’un examen qui s’annonce explosif. Le budget de la Sécu, qui passe en commission ce lundi, est l’un des plus austères jamais proposés. De fait, le texte initial suggère de réduire le déficit de 23 milliards d’euros attendu en fin d’année, à 17,5 milliards d’euros, et ce, en fixant un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) à 1,6 % contre 4,8 % par an en moyenne de 2019 à 2025. En tout, 7 milliards d’euros d’économies sont sur la table en 2026, principalement sur le dos des assurés.
Mais tout pourrait encore bouger en commission dès ce lundi, le gouvernement assurant que « le débat est ouvert » et que la version finale « sera bien différente ». L’exécutif a, par ailleurs, cédé au Parti socialiste (PS) en déposant une « lettre rectificative » jeudi, permettant d’intégrer directement au texte la suspension de la réforme des retraites contre une non-censure de la part du parti à la rose. Cette modification de dernière minute a repoussé le calendrier d’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) en commission qui devait initialement avoir lieu jeudi et qui se tient finalement ce lundi.
La réforme des retraites, point d’orgue des débats
Parmi les points chauds justement, la réforme des retraites tient la première place. Le texte comprend désormais la suspension jusqu’à janvier 2028 de la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein. Mais les Républicains proposeront de supprimer cette suspension dès ce lundi, avançant qu’un tel recul sur la mesure entraînera un coût estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027. Le Sénat a d’ores et déjà prévenu ce week-end qu’il rétablirait la réforme des retraites si l’Assemblée venait à voter la suspension.
De son côté, la gauche, en particulier les socialistes, espère intégrer les carrières longues au texte en commission. Pour compenser cette hausse des dépenses engendrée par la suspension de la réforme des retraites, les socialistes proposent une mise à contribution des complémentaires santé et des retraités. Pour ces derniers, cela passera par une « année blanche » à savoir une absence de revalorisation des prestations sociales, dont les retraites font partie, avec l’inflation en 2026. Puis, cette mesure laissera place à une sous-indexation des pensions par rapport à l’inflation pour les retraités dès 2027.