Pour rendre les finances publiques françaises soutenables à court et long terme, l'OCDE prône un mix entre baisse des dépenses et hausses des recettes dans un rapport dévoilé mardi 30 juin.Les rapports inquiétants sur la situation des finances publiques s’enchaînent. Quelques jours après la Cour des comptes, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a dévoilé, mardi 30 juin, son rapport sur la France, dont un large chapitre est consacré à sa trajectoire budgétaire. « Sur le plan macroéconomique, il est essentiel de stabiliser la dette publique d’ici à 2030 pour préserver la viabilité des finances publiques », avertit d’emblée l’organisation internationale.
Pour donner du poids à son avertissement, l’OCDE a simulé trois scénarios d’évolution de la dette publique d’ici à 2050.
Le premier serait le pire de tous : celui de l’inaction politique. « En l’absence de mesures budgétaires nouvelles », prévient-elle, et en tenant compte du vieillissement de la population, des hausses de dépenses de santé, de défense et de « transition verte », la dette publique atteindrait 127 % du PIB d’ici à 2030. La trajectoire tendancielle des dépenses porterait même le ratio de dette/PIB à 203 % d’ici à 2050.
Le deuxième scénario formule l’hypothèse que la France respecterait ses engagements budgétaires vis-à-vis de la Commission européenne à Bruxelles — ce qui n’a, aujourd’hui, rien d’évident. La dette publique se stabiliserait à 122 % du PIB en 2030, puis resterait quasi stable autour de 120 % du PIB jusqu’en 2050.
Dans le dernier scénario, l’Hexagone respecterait ses engagements européens, mais le pays mènerait, en parallèle, d’ambitieuses réformes structurelles. L’OCDE en liste quelques exemples : « assouplissement de la réglementation des services » ; « intensification du recours aux outils numériques, notamment de l’intelligence artificielle » ; « renforcement des politiques visant à relever le taux d’emploi des seniors et des jeunes ». Dans ce cas, le ratio de dette pourrait diminuer sous la barre des 100 % du PIB d’ici à 2050.