La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) a expérimenté l'été dernier l'outil d'IA « Langage clair », qui lui permet de reformuler des phrases techniques auprès des usagers. Cet outil doit être généralisé « ce printemps », selon David Amiel.
5 000 phrases ont déjà été reformulées grâce à l'outil d'intelligence artificielle (IA) « Langage clair ». C'est le premier bilan réalisé par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), dans son rapport d'activité 2025 publié ce mercredi 6 mai.
L'objectif de cet outil : permettre « à l’agent qui l’utilise de reformuler rapidement, de manière simplifiée et aisément compréhensible par tout usager, des termes et des tournures techniques ou juridiques pouvant sembler parfois abscons », explique la DGFiP dans ce rapport.
L'été dernier, « 500 agents relevant de 32 services répartis dans toute la France et aux champs de compétence variés » l'ont expérimenté. « Du début à la fin, l’agent garde la maîtrise de l’outil : il l’utilise au cas par cas et demeure le garant du fond du message. »
Dans un entretien à La Tribune Dimanche, début avril, le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a évoqué la généralisation « ce printemps » de cet outil d'IA auprès de la DGFiP transformant « des réponses techniques destinées aux usagers en langage clair ».
Une « opération de communication » selon un syndicat
Dans un communiqué publié mi-avril, la section de la Gironde du syndicat Solidaires Finances Publiques a toutefois dénoncé une « opération de communication » visant « à faire porter aux agents la responsabilité de difficultés qui ne sont pas les leurs ».
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Ce déploiement « intervient après des prises de position de la direction générale dans la presse, laissant entendre que les agents seraient, par leurs réponses, en partie responsables de l’incompréhension des usagers, voire de pratiques qualifiées de "maltraitantes" ».
« Si les réponses sont parfois longues, ce n’est pas parce que les agents seraient "verbeux". C’est parce que le droit fiscal est un droit complexe, contraignant et juridiquement engageant, qui ne laisse que peu de place à l’approximation », écrit Solidaires Finances Publiques 33.
Plus d'un contrôle sur deux programmé grâce à l'IA
Dans son rapport dévoilé mercredi, la DGFiP indique par ailleurs s'être dotée en octobre 2025 de son propre assistant IA, que 3 000 agents ont expérimenté et qui doit « être intégré, en 2026, dans l’environnement de travail numérique des agents ».
« Cet outil permet ainsi d’éviter que les agents aient recours à des agents conversationnels d’IA accessibles dans la sphère privée et non maîtrisés », explique la DGFiP, assurant qu'il « respecte les exigences de sécurité et de protection des données » propres à ses métiers.
La Direction Générale des Finances Publiques affirme que l’usage de l’IA de manière large est « au cœur » de sa stratégie : « 56 % des contrôles concernant les professionnels et plus de 54 % de ceux visant les particuliers sont programmés grâce à ces technologies ».
« Le rendement de ces contrôles augmente », précise-t-elle : « la médiane des dossiers ayant fait l’objet de contrôles fiscaux externes à la suite d’une programmation issue de l’IA est passée de 34 220 euros en 2024 pour s’établir à 37 956 euros en 2025 ».